À Paris, le Centre de développement de l’OCDE a mis à l’honneur les avancées de la Côte d’Ivoire. Le pays devient la première nation au monde à disposer d’un indice national représentatif sur les normes de masculinité, ouvrant la voie à une nouvelle stratégie continentale.
La voix de la Côte d’Ivoire a résonné avec force au siège de l’OCDE à Paris. Euphrasie Kouassi Yao, Conseillère spéciale du Premier ministre chargée du Genre et Titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (CUEFPOD), a pris la parole lors d’une table ronde de haut niveau.
Cet événement d’envergure a rassemblé des personnalités de premier plan, au premier rang desquelles Mathias Cormann, secrétaire général de l’OCDE, Ragnheiður Elín Árnadóttir, directrice du Centre de développement de l’organisation, ainsi que plusieurs ambassadeurs et représentants permanents.
Cette rencontre a consacré une avancée scientifique et politique internationale inédite. Selon l’OCDE, la Côte d’Ivoire est officiellement le premier pays au monde pour lequel l’Indice des normes de masculinité a été calculé sur la base de données nationales représentatives.

Ce jalon historique découle de l’Enquête nationale sur les Normes de Masculinité en Côte d’Ivoire (EMASCI), dont le rapport conjoint avec le Sénégal a été publié le 30 juin dernier à Abidjan, en présence de responsables de l’OCDE.
Menée par la CUEFPOD en partenariat avec l’OCDE, l’ANStat (Agence Nationale de la Statistique) et le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), cette étude lève le voile sur un aspect crucial mais souvent ignoré des politiques publiques : les attentes sociétales qui pèsent sur les hommes.
L’enquête révèle un « écart silencieux » majeur : en réalité, beaucoup d’hommes adhèrent à l’égalité des chances entre les sexes, mais n’osent pas l’exprimer publiquement. Forte de ce constat, la Côte d’Ivoire défend une approche de la masculinité positive, visant à collaborer avec les hommes plutôt que contre eux.
« Cette étude est conçue pour servir de catalyseur de changement et de transformation sociale. Je lance un appel à l’OCDE, à ses partenaires et à l’ensemble des organisations internationales afin qu’ils se joignent à nous pour en traduire les résultats en un projet africain et en actions structurantes », a déclaré Euphrasie Kouassi Yao, Conseillère spéciale du Premier ministre.

La délégation ivoirienne a également été portée par Anthelm Prosper Angui, Premier Conseiller de l’ambassade de Côte d’Ivoire en France. Représentant l’Ambassadeur Maurice Kouakou Bandaman, il a réaffirmé la volonté politique ferme du gouvernement ivoirien, sous l’impulsion du Président de la République, Alassane Ouattara.
Déjà classée au premier rang africain en matière d’égalité selon l’Indice Institutions Sociales et Genre (SIGI) 2023 de l’OCDE, la Côte d’Ivoire veut conforter son leadership. Les autorités soutiennent désormais activement l’élaboration d’une Stratégie Nationale pour la Promotion de la Masculinité Positive 2026-2030.
Portée par la CUEFPOD en synergie avec le ministère de la Femme, de la famille et de l’enfant, cette étude s’inscrira en parfaite cohérence avec la Déclaration de Kinshasa de l’Union africaine. Grâce à ce nouveau référentiel scientifique financé par l’Agence autrichienne de développement (ADA), la Côte d’Ivoire transforme la masculinité positive en un levier concret pour atteindre l’égalité réelle.
La Côte d’Ivoire était également représentée par Anthelm Prosper Angui, premier Conseiller de l’ambassade de Côte d’Ivoire en France, portant la parole de Maurice Kouakou Bandaman, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Côte d’Ivoire en France et à Monaco.
AP/APA







