Malgré des progrès techniques significatifs, la lutte contre le financement du terrorisme reste le maillon faible du dispositif régional de lutte contre le blanchiment de capitaux en Afrique de l’Ouest, selon le rapport annuel 2025 du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA).
Le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) reconnaît que l’extension des groupes terroristes dans certaines parties du Sahel et du bassin du lac Tchad continue d’exercer une pression sur les dispositifs nationaux. En cause : l’exploitation des économies basées sur le numéraire, la porosité des frontières, les systèmes informels de transfert de valeur et une supervision réglementaire insuffisante dans les secteurs à risque élevé.
Le rapport est sans détour : si le deuxième cycle des évaluations mutuelles a confirmé des améliorations notables en matière de conformité technique, des lacunes « criardes » subsistent dans des domaines clés.
Il s’agit notamment du recouvrement des biens, des enquêtes sur le financement du terrorisme, des sanctions financières ciblées et de la supervision des secteurs à risque élevé. Autrement dit, les États progressent sur le papier, moins dans les faits.
La réponse : cibler les ONG et muscler le renseignement
Face à ce constat, le GIABA a organisé en 2025 plusieurs formations nationales sur les risques de financement du terrorisme, notamment en Gambie et au Bénin, ciblant en priorité les organismes à but non lucratif jugés vulnérables au détournement. Un séminaire régional a également réuni des juges de onze pays à Dakar pour renforcer leurs compétences en gel, saisie et confiscation des avoirs criminels.
Le rapport souligne aussi un défi de dosage : le GIABA dit vouloir éviter que la lutte contre le financement du terrorisme n’entraîne des « conséquences imprévues », comme le ciblage injustifié ou l’étouffement d’activités légitimes des organisations à but non lucratif. Un risque que le GAFI lui-même a reconnu en révisant ses normes en juin 2025.
Pour 2026, l’institution annonce l’intensification du renforcement ciblé des capacités de lutte contre le financement du terrorisme, alors que la région entame un troisième cycle d’évaluations mutuelles plus axé sur l’efficacité réelle que sur la seule conformité technique.
ARD/ac/Sf/APA







