Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a appelé lundi les États membres à adapter leur stratégie de lutte contre le terrorisme face à une menace en constante évolution, alimentée par les crises mondiales et les nouvelles technologies.
« Le terrorisme évolue, et nous devons évoluer avec lui », a déclaré M. Guterres à l’ouverture de la quatrième Conférence de haut niveau des chefs des agences nationales de lutte contre le terrorisme, organisée au siège des Nations Unies à New York.
Le chef de l’ONU a estimé que les conflits, les déplacements forcés, les effets du changement climatique, l’inflation et l’insécurité alimentaire favorisent l’expansion des groupes terroristes. Selon lui, ces facteurs accentuent la fragilité des sociétés, alimentent la méfiance et créent des vulnérabilités exploitées par les organisations extrémistes.
António Guterres a souligné que les affiliés d’Al-Qaïda, de Daech et d’autres groupes extrémistes poursuivent leurs activités de l’Afrique au Moyen-Orient, jusqu’en Asie du Sud. Il a également alerté sur la montée des discours extrémistes violents fondés sur le racisme, la xénophobie, l’intolérance ou l’instrumentalisation de la religion.
Le Secrétaire général a indiqué que les groupes terroristes tirent désormais parti des avancées technologiques. L’intelligence artificielle, les plateformes numériques et les armes autonomes facilitent, selon lui, le recrutement, le financement et la préparation d’attentats.
Il a toutefois souligné que ces mêmes technologies peuvent renforcer les capacités de prévention, notamment grâce à la détection précoce des menaces, à la lutte contre les flux financiers illicites, et à une meilleure compréhension des mécanismes de radicalisation.
À l’occasion du vingtième anniversaire de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, António Guterres a invité les États à concentrer leurs efforts sur quatre priorités : la prévention, la coopération internationale, l’utilisation responsable des technologies et le respect des valeurs fondamentales des Nations Unies.
Il a insisté sur la nécessité de combattre la pauvreté, la discrimination et l’exclusion afin de réduire les facteurs de vulnérabilité, tout en rappelant que ces injustices ne sauraient en aucun cas justifier le terrorisme.
Le chef de l’ONU a également plaidé pour un renforcement des opportunités économiques, de la participation des femmes et des jeunes, du rôle de la société civile ainsi que des initiatives locales de consolidation de la paix. Il a placé les victimes du terrorisme au cœur de la réponse internationale, estimant que leurs témoignages contribuent à déconstruire les discours de haine et à restaurer la confiance.
António Guterres a, par ailleurs, mis en garde contre les politiques antiterroristes menées au mépris des droits humains. Il a averti que des mesures disproportionnées risquent d’alimenter les divisions et de favoriser davantage la radicalisation.
La conférence réunit plus de 1 000 participants issus de 119 États membres, de 31 organisations internationales et régionales, de 17 entités des Nations Unies ainsi que des représentants de la société civile, du monde académique et du secteur privé.
Le Secrétaire général adjoint chargé de la lutte contre le terrorisme, Alexandre Zouev, a estimé que l’évolution de la menace impose une réponse collective. Il a assuré que le Bureau des Nations Unies de lutte contre le terrorisme poursuivra son appui aux États membres afin de renforcer la coordination et l’efficacité des actions internationales.
ARD/te/Sf/APA







