La Banque centrale marocaine (BAM) a fait savoir qu’elle souhaitait différer l’arrivée de la néobanque britannique Revolut sur son marché, citant le besoin de finaliser plusieurs dossiers stratégiques avant l’intégration de nouveaux acteurs étrangers dans le secteur financier.
Revolut, plateforme fintech britannique ayant connu une croissance spectaculaire en Europe et en Asie, a approché Bank Al-Maghrib (BAM) pour exprimer son intérêt commercial pour le marché marocain. La néobanque y voit un fort potentiel de croissance et une porte d’entrée stratégique vers le marché africain plus vaste. Cependant, la Banque centrale marocaine estime que le contexte réglementaire actuel n’est pas propice à une approbation rapide.
Les autorités marocaines justifient cette décision de temporisation par plusieurs considérations stratégiques. Le Maroc est engagé dans un processus majeur de modernisation du secteur bancaire et de renforcement de la réglementation financière. Deuxièmement, les dossiers relatifs à la sécurité cyber, à la protection des données clients et à la conformité avec les normes internationales restent en cours d’élaboration précise.
Bank Al-Maghrib reconnaît néanmoins le potentiel des fintech à améliorer l’accès aux services financiers pour les populations exclues du système bancaire traditionnel. Cependant, l’institution préfère procéder graduellement, en privilégiant d’abord l’intégration des fintech locales marocaines dans l’écosystème réglementaire.
Cette décision reflète une stratégie plus large du Maroc visant à développer un secteur financier moderne tout en préservant la stabilité du système et en assurant la protection adéquate des consommateurs. L’approche marocaine contraste avec d’autres pays africains ayant rapidement ouvert leurs marchés aux fintech étrangères, avec des résultats mitigés selon les observateurs.
Bank Al-Maghrib entend capitaliser sur ces expériences pour construire un modèle d’intégration fintech plus robuste et mieux adapté à la réalité économique marocaine. Des discussions exploratoires entre Revolut et les autorités marocaines sont envisagées pour la période ultérieure.
MK/AK/Sf/APA




