Réunis à Dakar lors du Forum économique des dirigeants chrétiens d’entreprises, responsables religieux, entrepreneurs et autorités publiques ont plaidé pour une mobilisation en faveur de l’emploi des jeunes, présenté comme la condition essentielle de la souveraineté économique du Sénégal.
Organisée autour du thème « Souveraineté économique : enjeux pour le développement et l’emploi des jeunes », le Forum économique des dirigeants chrétiens d’entreprises a placé la jeunesse au cœur des réflexions sur l’avenir économique du pays. Tous les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer la formation, l’insertion professionnelle et l’entrepreneuriat afin de transformer le potentiel démographique du Sénégal en moteur de croissance.
Dans son discours d’ouverture, l’archevêque de Dakar, Monseigneur André Guèye, a invité les chefs d’entreprise à assumer pleinement leur responsabilité sociale dans un contexte marqué par les difficultés d’accès à l’emploi.
Selon lui, la souveraineté économique ne peut être dissociée de la capacité à offrir des perspectives concrètes aux jeunes. « La création d’emplois représente sans aucun doute la voie royale pour répondre au devoir de solidarité envers les plus pauvres », a-t-il déclaré.
Le prélat a également plaidé pour une économie davantage centrée sur la personne humaine. S’appuyant sur l’enseignement social de l’Église, il a rappelé que le profit reste nécessaire à la pérennité des entreprises, mais qu’il doit demeurer un moyen au service du développement humain et de la justice sociale.
Pour le président de l’Association des dirigeants et entrepreneurs chrétiens du Sénégal (ADECCS), Étienne Diène, le principal défi auquel le pays est confronté demeure celui de la jeunesse.
« Le chantier le plus important aujourd’hui, c’est la formation des jeunes, mais aussi l’instruction professionnelle », a-t-il affirmé, estimant que l’accès à l’emploi constitue un investissement stratégique pour l’avenir du Sénégal.
Au-delà de la qualification, il a souligné l’importance du mentorat et de l’accompagnement. Selon lui, les jeunes ont besoin de modèles de réussite capables de leur transmettre confiance, ambition et esprit d’initiative.
« Le Sénégal dispose d’un potentiel extraordinaire. Nous devons convaincre les jeunes que la réussite est possible ici », a-t-il soutenu.
Représentant le gouvernement, la ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Clotilde Diémé, a inscrit cette ambition dans la dynamique de la Vision Sénégal 2050, qui vise à bâtir une économie souveraine, compétitive et créatrice d’emplois décents.
« Créer des emplois durables pour les jeunes n’est pas un acte de charité. C’est le meilleur investissement que nous puissions faire pour l’avenir », a-t-elle déclaré devant les participants.
La ministre a rappelé que l’objectif national consiste à permettre à deux actifs sur trois d’accéder à un emploi décent à l’horizon 2050. Une ambition qui repose largement sur un secteur privé national fort, innovant et attaché à des principes éthiques.
Elle a ainsi exhorté les entrepreneurs à investir davantage dans les initiatives portées par les jeunes, à développer le mentorat et à contribuer à la structuration de filières locales créatrices de valeur.
À l’issue des travaux, les participants entendent formuler des recommandations qui seront consignées dans un document baptisé « Forum de Dakar » et transmis aux autorités compétentes.
Au fil des interventions, un même constat s’est imposé : la souveraineté économique du Sénégal dépendra en grande partie de sa capacité à offrir à sa jeunesse les compétences, les emplois et les opportunités nécessaires pour participer pleinement à la transformation du pays.
TE/Sf/APA







