Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, la MONUSCO et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont formé à Goma une vingtaine de professionnels de santé afin d’améliorer les capacités de prévention, de détection et de prise en charge des cas suspects.
APA-Kinshasa (RDC) – Une vingtaine de professionnels de santé de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) ont bénéficié, les 16 et 17 juin à Goma, d’une formation spécialisée sur la prévention et le contrôle des infections dans le contexte de la résurgence de la maladie à virus Ebola au Nord-Kivu et en Ituri.
Organisée par l’Unité de prévention et de contrôle des infections et de préparation aux épidémies de la MONUSCO, en partenariat avec l’OMS, la session s’est tenue à l’hôpital Level II+ de la Mission, situé sur le site RVA de Goma. Elle a réuni des médecins, infirmiers, chauffeurs ambulanciers ainsi que d’autres membres du personnel connectés à distance.
Selon le Dr Jacqueline Matowo, médecin à la clinique Level I de la MONUSCO, cette initiative visait à harmoniser les procédures opérationnelles et à actualiser les connaissances du personnel appelé à intervenir en cas d’apparition d’un cas suspect.
« Cette formation est à la fois un recyclage et un renforcement des capacités. Les agents de santé doivent être capables d’identifier rapidement les cas suspects, de se protéger eux-mêmes et de garantir un environnement sûr pour leurs patients », a-t-elle expliqué.
Les participants ont notamment été formés au triage et au dépistage précoce, à la prévention et au contrôle des infections, à l’utilisation adéquate des équipements de protection individuelle (EPI) ainsi qu’aux procédures de transfert des patients vers les structures spécialisées.
Pour le Dr Didier Mwecha, expert en prévention et contrôle des infections à l’OMS, l’accent a été mis sur l’acquisition de compétences pratiques essentielles pour faire face à une éventuelle propagation du virus.
« Nous avons travaillé sur les précautions standards et les mesures spécifiques à la maladie à virus Ebola. Les participants ont réalisé des exercices pratiques sur le port et le retrait sécurisés des équipements de protection ainsi que sur la décontamination des surfaces et du matériel », a-t-il indiqué.
L’expert rappelle que les premiers symptômes d’Ebola peuvent être confondus avec ceux d’autres maladies fréquentes telles que le paludisme ou la fièvre typhoïde, ce qui rend indispensable un dépistage précoce.
Bien que le dernier cas confirmé à Goma ait été déclaré guéri, la vigilance reste de mise. Les zones de Beni et Butembo, dans le Grand Nord-Kivu, ainsi que la province voisine de l’Ituri continuent d’enregistrer de nouveaux cas, selon l’OMS.
Le colonel Joyanta Borah, commandant de l’hôpital indien Level II+ de la MONUSCO, a souligné l’importance d’une mobilisation collective face à la menace sanitaire.
« Penser que la maladie ne peut pas atteindre Goma ou les installations de la MONUSCO serait une erreur. Chaque membre du personnel, qu’il soit médecin, infirmier, technicien ou agent d’entretien, doit connaître et appliquer les protocoles de sécurité », a-t-il déclaré.
Au-delà du personnel médical, les organisateurs appellent à renforcer la sensibilisation des populations et la surveillance communautaire afin de limiter les risques de propagation de la maladie.
À travers cette initiative, la MONUSCO et l’OMS réaffirment leur engagement à soutenir les efforts de prévention et de riposte contre Ebola dans l’est de la RDC, où la menace demeure malgré les progrès enregistrés dans la lutte contre l’épidémie.
TE/APA







