Un premier groupe de 268 ressortissants nigérians a quitté l’Afrique du Sud jeudi dans le cadre d’une opération de rapatriement volontaire, alors que les tensions xénophobes et les opérations de contrôle migratoire se poursuivent dans le pays.
Selon le ministère sud-africain de l’Intérieur, les 268 Nigérians rapatriés d’Afrique du Sud font partie d’un contingent de 586 personnes en situation irrégulière ayant accepté de retourner dans leur pays d’origine. Les intéressés ont embarqué à bord d’un vol spécial après avoir obtenu des documents de voyage d’urgence délivrés par le Haut-Commissariat du Nigéria en Afrique du Sud.
Un second vol transportant les autres ressortissants concernés est prévu le 15 juin.
Les autorités sud-africaines ont précisé que toutes les personnes rapatriées ont été déclarées « indésirables » au regard de la législation sur l’immigration, une mesure qui leur interdit de revenir en Afrique du Sud pendant cinq ans.
Ces départs interviennent dans un contexte marqué par plusieurs semaines de manifestations anti-immigrés dans différentes régions du pays. Des groupes hostiles à l’immigration ont notamment réclamé le départ des étrangers vivant dans les quartiers informels, les zones commerciales et certaines communautés minières.
Certaines mobilisations ont dégénéré en violences, ravivant les inquiétudes liées à une résurgence des attaques xénophobes qui ont déjà fait de nombreuses victimes et déplacé des milliers de personnes par le passé.
Le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, a indiqué que ces rapatriements s’inscrivent dans une stratégie visant à renforcer l’application des lois migratoires. Selon lui, le nombre d’expulsions et de rapatriements a progressé de 46 % au cours des deux dernières années.
Le gouvernement poursuit par ailleurs plusieurs réformes destinées à moderniser la gestion des frontières, notamment l’extension du système d’autorisation électronique de voyage, le déploiement progressif des cartes d’identité intelligentes (Smart ID) et la mise en place d’une nouvelle plateforme d’identité numérique.
Tout en défendant le renforcement des contrôles migratoires, Leon Schreiber a appelé la population à ne pas se substituer aux autorités, rappelant que l’application des lois relève exclusivement de l’État et doit s’effectuer dans le respect du cadre légal.
L’Afrique du Sud reste régulièrement confrontée à des poussées de sentiment anti-immigrés, souvent alimentées par le chômage élevé, les difficultés économiques et la concurrence pour l’accès à l’emploi et aux ressources.
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