Champion mondial de l’exportation de mangues séchées biologiques, le Burkina Faso s’impose progressivement comme une référence sur les marchés européens et nord-américains, rapporte le quotidien d’État Sidwaya.
Malgré les effets du changement climatique et les contraintes liées à la certification, la filière mangue biologique du Burkina continue de générer des milliards de francs CFA de recettes et de faire vivre des milliers de producteurs, confirmant son statut de locomotive des exportations agricoles nationales, portée notamment par les producteurs et transformateurs de la région des Hauts-Bassins, principal bassin de production du pays.
Selon les données du ministère en charge de l’Agriculture, cette région concentre près de 58 % des vergers nationaux. Sur une production annuelle estimée à 360 000 tonnes, plus de la moitié provient de cette partie occidentale du pays, où les producteurs misent de plus en plus sur l’agriculture biologique, sans recours aux pesticides ni aux engrais chimiques.
Cette orientation a permis au Burkina Faso de devenir le premier exportateur mondial de mangues séchées biologiques. En 2025, près de 5 000 tonnes de mangues séchées bio ont été exportées vers l’Europe et l’Amérique du Nord, selon les acteurs de la filière.
« Le Burkina est le premier dans le monde en exportation de mangues séchées bio », affirme Eugène Millogo, président de l’Union nationale des producteurs de mangues du Burkina (UNPM-B).
Les unités de transformation installées à Orodara, Bobo-Dioulasso et dans d’autres localités jouent un rôle clé dans cette performance. Faso Mangoro, Faso Global et le Ranch du Koba exportent chaque année des centaines de tonnes de mangues fraîches, séchées ou transformées vers l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Slovaquie et les États-Unis.
Toutefois, la campagne 2026 s’annonce difficile. Les producteurs dénoncent une floraison précoce perturbée par l’harmattan et les fortes chaleurs, entraînant une baisse significative des rendements. Plusieurs exploitants évoquent l’une des campagnes les plus compliquées de ces dernières années.
À ces difficultés climatiques s’ajoutent le vieillissement des vergers, dont 80 à 90 % auraient atteint un stade avancé de maturité, ainsi que le durcissement des normes internationales de certification biologique.
Face à ces défis, les autorités ont engagé un programme de renouvellement des vergers dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique. L’objectif est de préserver la compétitivité de la mangue burkinabè, qui génère chaque année entre 18 et 20 milliards de FCFA de recettes d’exportation et contribue au rayonnement international du pays.
HO/te/Sf/APA






