Plusieurs membres de l’armée du Tigré sont présumés morts et de nombreux autres ont été blessés à la suite d’une frappe de drone survenue dans la nuit de vendredi, en périphérie de Sheraro, une ville frontalière située près de l’Érythrée, dans la région du Tigré.
Une frappe de drone a visé les localités de Gemehalo et Tekemati, situées à proximité immédiate de Sheraro. L’attaque s’est produite vers 23h30, heure locale, ont indiqué des habitants à l’APA lundi.
Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), principale force d’opposition armée de la région, a accusé dans un communiqué les autorités fédérales d’Addis-Abeba d’être à l’origine des frappes de drones, affirmant qu’elles ont causé des pertes humaines et des dégâts matériels, y compris parmi les civils.
« Le parti au pouvoir a une nouvelle fois mené une attaque de drone au Tigré, causant des pertes en vies humaines et des destructions matérielles », indique le communiqué.
Le TPLF a également accusé le gouvernement fédéral de violer l’Accord de Prétoria, signé sous médiation de l’Union africaine en novembre 2022, qui avait mis fin à deux années de guerre entre les forces fédérales et le mouvement tigréen.
Sur le plan politique régional, le TPLF a rétabli le conseil régional, et son président, Debretsion Gebremichael, a pris la direction de la région après la destitution de Tadesse Worede de ses fonctions de président intérimaire.
Le mouvement affirme que la prolongation du mandat de Tadesse Worede constitue une violation de l’accord de paix.
L’Éthiopie a récemment organisé ses septièmes élections générales. Le scrutin a été salué dans des déclarations préliminaires par les missions d’observation de l’Union africaine et de l’IGAD. Toutefois, la région du Tigré en a été totalement exclue.
La Commission électorale nationale d’Éthiopie avait annoncé que le vote ne se tiendrait pas dans les 38 circonscriptions du Tigré, une exclusion liée à la radiation préalable du TPLF.
Le TPLF a dominé la vie politique fédérale pendant plus de 27 ans avant de perdre son influence à la suite de vastes manifestations antigouvernementales ayant précédé l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed en 2018.
Les autorités fédérales n’ont, pour l’heure, pas réagi à ces accusations ni confirmé les circonstances de l’attaque.
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