Le Maroc a lancé une campagne nationale destinée à renforcer la protection des travailleurs migrants et réfugiés, dans une démarche qui illustre la montée en puissance des politiques d’inclusion sociale et économique engagées par le Royaume.
Les principales centrales syndicales marocaines – l’Union marocaine du travail (UMT), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et la Confédération démocratique du travail (CDT)- ont donné le coup d’envoi, le 12 mai, à une campagne nationale d’information et de sensibilisation consacrée aux droits des travailleurs migrants.
Soutenue techniquement par l’Organisation internationale du travail (OIT) et financée par la Coopération suisse, cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet «Appui à l’intégration et à la protection des travailleurs migrants sur le marché du travail marocain».
Cette opération traduit l’évolution progressive du modèle marocain de gouvernance migratoire, régulièrement salué par plusieurs partenaires internationaux pour son approche articulant intégration sociale, protection juridique et insertion économique. Les organisateurs rappellent que les migrants «contribuent activement au développement économique du pays et enrichissent son patrimoine social et culturel», soulignant le rôle grandissant de cette population dans plusieurs secteurs d’activité.
La campagne prolonge également la dynamique engagée depuis la signature, en 2022, d’une charte commune réunissant les syndicats et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Ce rapprochement entre partenaires sociaux et patronat illustre une volonté de structurer un marché du travail plus inclusif, dans un contexte marqué par l’augmentation du nombre d’actifs étrangers au Royaume. Selon les données du Haut-Commissariat au plan (HCP), le Maroc compte près de 148 000 résidents étrangers, dont 54% exercent une activité professionnelle.
Le niveau de qualification apparaît également significatif puisque 38% des étrangers résidant dans le Royaume disposent d’un diplôme de l’enseignement supérieur.
La campagne sera déployée dans plusieurs pôles économiques stratégiques, notamment Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Rabat-Salé-Kénitra et Agadir. Les organisateurs misent sur une approche multicanal combinant campagnes numériques, affichage public, ateliers de formation et actions de sensibilisation sur les lieux de travail.
L’objectif consiste à améliorer l’accès à l’information juridique pour les travailleurs migrants tout en rappelant aux employeurs les obligations liées au travail décent et à la conformité sociale.
Les syndicats insistent sur le fait que «les droits des travailleurs migrants sont pleinement garantis par la loi» et rappellent que les personnes concernées disposent de voies de recours judiciaires en cas de violation de leurs droits. Cette orientation reflète la volonté des autorités et des partenaires sociaux de renforcer la sécurité juridique du marché de l’emploi tout en consolidant l’attractivité économique du Royaume.
Au-delà du volet réglementaire, l’initiative cherche à ancrer durablement les principes d’égalité des chances et de justice sociale dans le monde professionnel marocain. En associant société civile, médias et acteurs économiques, le projet ambitionne de consolider un environnement de travail plus inclusif, en phase avec les ambitions du Maroc de se positionner comme un hub régional stable, ouvert et connecté aux standards internationaux du travail.
MK/Sf/APA






