La recomposition des équilibres géopolitiques mondiaux représente à la fois une opportunité et un risque pour l’Afrique et l’espace francophone, a estimé le parlementaire sénégalais Mamadou Lamine Diaïté.
« Le monde ne ressemble plus tout à fait à celui que nous connaissions. Les équilibres géopolitiques se recomposent sous nos yeux à une vitesse inédite. Les conflits s’éternisent ou se rallument sur plusieurs théâtres, du cœur de l’Europe aux rives du Proche-Orient », a déclaré le député sénégalais.
Selon lui, les grandes puissances se disputent désormais les ressources, les marchés et les corridors stratégiques, plaçant l’Afrique au centre de nombreuses convoitises.
Mamadou Lamine Diaïté, également président de la section sénégalaise de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), s’exprimait à l’ouverture de la 32e Assemblée régionale Afrique de l’APF, organisée à Dakar du 18 au 20 mai 2026.
Pour le responsable parlementaire, cette nouvelle centralité du continent africain constitue « une opportunité » en raison des nombreux atouts de l’Afrique, notamment sa jeunesse dynamique, ses ressources naturelles abondantes, son marché intérieur en expansion et sa position géographique stratégique.
Mais cette situation comporte également des risques. « Cette même centralité attire les ingérences, amplifie les instabilités et fragilise les États qui n’ont pas encore consolidé leurs institutions », a-t-il averti, estimant que les parlements africains ont désormais « une responsabilité historique à assumer ».
Le député sénégalais a souligné que les thèmes retenus pour les travaux de cette 32e Assemblée régionale Afrique de l’APF -crises internationales, souveraineté africaine et recompositions géopolitiques- répondent directement aux défis actuels du continent.
« La paix en Afrique ne se construira pas en ignorant le monde, et l’Afrique ne pourra peser dans le monde qu’en construisant sa propre cohérence », a-t-il affirmé.
Mamadou Lamine Diaïté a également plaidé pour un renforcement du rôle des parlements africains dans les domaines de la défense, de la sécurité et de la diplomatie.
« Contrôler les budgets militaires, examiner les accords de coopération sécuritaire ou questionner les alliances engageant l’avenir de nos nations ne constitue pas une ingérence dans les affaires de l’exécutif. C’est l’exercice normal et indispensable du pouvoir parlementaire », a-t-il soutenu.
Il a enfin appelé l’Afrique à parler « d’une voix claire, concertée et cohérente » sur la scène internationale, estimant que la Francophonie parlementaire peut devenir un cadre stratégique de concertation africaine.
« Non pas une Francophonie de façade ou une solidarité de circonstance, mais une Francophonie de conviction, ancrée dans les réalités africaines et capable de porter des positions communes sur les grandes questions de notre temps », a conclu le président de la section sénégalaise de l’APF.
TE/Sf/APA






