Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Malick Ndiaye, a estimé, lundi à Dakar, que l’Afrique traverse actuellement « trois grandes épreuves » auxquelles l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) ne peut rester indifférente.
S’exprimant à l’ouverture de la 32ᵉ Assemblée régionale Afrique de l’APF, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal a identifié les défis sécuritaires, démocratiques et économiques comme les principales préoccupations auxquelles les États africains doivent répondre collectivement.
Évoquant la situation sécuritaire, El Malick Ndiaye a souligné que plusieurs régions du continent, notamment le Sahel et le golfe de Guinée, sont confrontées à des groupes armés, à des trafics transnationaux et à des menaces hybrides de nature cybernétique, criminelle et informationnelle.
Selon lui, ces défis exigent des réponses fondées sur le renforcement des institutions parlementaires.
« La réponse ne sera ni purement militaire ni purement extérieure », a-t-il déclaré, plaidant pour des parlements capables d’adopter des législations antiterroristes respectueuses des libertés publiques, de contrôler efficacement les dépenses de défense et d’encadrer les partenariats sécuritaires dans l’intérêt des États africains.
Le président de l’Assemblée nationale a également insisté sur les mutations politiques observées dans plusieurs pays africains. Ces recompositions, a-t-il expliqué, traduisent les aspirations des peuples à davantage de justice, de dignité et de souveraineté.
Pour lui, la représentation parlementaire demeure un pilier essentiel du lien entre les citoyens et les gouvernants.
« Renforcer nos parlements dans leur capacité de légiférer et de contrôler, c’est renforcer la souveraineté même de nos États », a soutenu le parlementaire sénégalais.
Abordant les enjeux économiques, El Malick Ndiaye a regretté que de nombreux pays africains restent confinés à un rôle de fournisseurs de matières premières dans les chaînes de valeur mondiales.
Il a estimé que la transition énergétique mondiale, l’exploitation des minerais critiques et les réformes du système financier international doivent permettre à l’Afrique francophone de jouer un rôle plus stratégique dans l’économie mondiale.
Le président de l’Assemblée nationale a par ailleurs évoqué l’expérience politique récente du Sénégal, marquée par l’alternance intervenue en mars 2024 sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye et avec un gouvernement dirigé par Ousmane Sonko.
Cette transition, réalisée dans le respect des institutions et du suffrage populaire, constitue, selon lui, la preuve qu’il est possible de mener des transformations politiques profondes dans un cadre démocratique et légal.
Durant son intervention, El Malick Ndiaye a également appelé les parlementaires africains francophones à privilégier la franchise dans les échanges, l’efficacité dans l’action et la transmission aux nouvelles générations.
Il a notamment plaidé pour un renforcement des coopérations interparlementaires, la mise en place de mécanismes régionaux de veille sur la sécurité humaine et une meilleure coordination sur les questions liées à la fiscalité des industries extractives.
Le responsable parlementaire sénégalais a enfin invité l’Assemblée parlementaire de la Francophonie à engager une réforme de son fonctionnement afin de mieux répondre aux mutations géopolitiques, technologiques et générationnelles du monde actuel.
Selon lui, l’APF doit devenir une institution « plus agile, plus représentative et davantage tournée vers les résultats concrets ».
Clôturant son allocution par une référence à Léopold Sédar Senghor, il a appelé les États africains francophones à affirmer davantage leur place dans la construction de la Francophonie contemporaine, avant de déclarer ouverte la 32ᵉ Assemblée régionale Afrique de l’APF.
TE/Sf/APA






