Les questions de transparence publique, de souveraineté politique et de repositionnement diplomatique continuent de structurer l’actualité ouest-africaine de ce mardi 12 mai. Entre rappels à l’ordre institutionnels au Sénégal, bataille informationnelle au Mali, ouverture vers l’Inde au Sahel et ambitions économiques affichées à Nairobi lors du sommet Africa Forward, les États de la région multiplient les initiatives pour consolider leur image et leurs partenariats dans un contexte international mouvant.
Au Sénégal, Seneweb revient sur les révélations du président de l’OFNAC, Moustapha Kâ, concernant les retards dans les déclarations de patrimoine. Invité de l’émission « Point de vue » de la RTS, il a indiqué que plusieurs membres du gouvernement figurent parmi les 558 assujettis n’ayant pas encore satisfait à cette obligation légale, sur un total de 1 594 personnes concernées. L’organe de lutte contre la corruption affirme privilégier pour l’instant une approche pédagogique, tout en rappelant la sévérité des sanctions prévues par la loi, allant de retenues sur salaire à des peines d’emprisonnement et à l’interdiction d’exercer une fonction publique.
Toujours à Dakar, Pressafrik rapporte que le ministère sénégalais de la Santé a tenu à rassurer la population après des informations circulant autour du hantavirus. Les autorités précisent qu’aucun cas n’a été détecté ni au Sénégal ni en Afrique et que les cas évoqués concernent exclusivement des passagers d’un navire de croisière reliant l’Amérique du Sud à certaines îles atlantiques. Le ministère affirme maintenir une veille épidémiologique renforcée avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et rappelle l’importance des mesures d’hygiène et du recours précoce aux structures sanitaires.
Dans le même temps, la bataille autour du contrôle de l’information reste vive au Mali. Maliweb souligne que le ministre malien de la Communication, Alhamdou Ag Ilyène, a appelé les médias et les acteurs des réseaux sociaux à éviter « les amalgames et les discours de division » dans un contexte sécuritaire tendu. Face à la presse à Bamako, il a dénoncé des campagnes de désinformation visant selon lui à fragiliser le Mali et l’Alliance des États du Sahel (AES). Le ministre a insisté sur la nécessité de préserver la cohésion nationale tout en critiquant ce qu’il considère comme une stigmatisation médiatique du pays par certains médias étrangers. Les professionnels de la presse ont pour leur part réclamé un meilleur accès à l’information officielle et un soutien accru aux organes nationaux.
Cette dynamique diplomatique sahélienne se poursuit également au Burkina Faso et au Niger avec un rapprochement accru vers l’Inde. Selon Sidwaya, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu l’ambassadeur indien Om Prakash Meena venu transmettre une invitation officielle au sommet Inde-Afrique prévu fin mai à New Delhi. Ouagadougou voit dans ce rendez-vous une opportunité de consolider davantage sa coopération avec New Delhi. Une démarche similaire est engagée au Niger, où l’ANP indique que le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a accepté l’invitation de l’Inde pour participer au quatrième Forum Inde-Afrique. Les discussions devraient porter sur l’agriculture, la santé, l’énergie et plusieurs secteurs stratégiques.
À Nairobi, le sommet « Africa Forward » continue de servir de plateforme aux ambitions économiques africaines. Africaguinee rapporte que le ministre guinéen du Plan, Ismaël Nabé, a mis en avant la stratégie de transformation économique portée par Conakry autour du projet Simandou. Selon lui, la Guinée dispose de « 122 mégaprojets similaires » destinés à accélérer l’industrialisation, le développement des infrastructures et l’intégration régionale. Le responsable guinéen défend un modèle fondé sur le « co-investissement » et la « co-industrialisation » avec les partenaires internationaux afin de transformer localement les ressources naturelles et de créer des emplois.
Toujours dans la capitale kényane, Abidjan.net indique que le président ivoirien Alassane Ouattara a multiplié les rencontres diplomatiques, notamment avec la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, et plusieurs responsables politiques et économiques internationaux. Les échanges ont porté sur les performances économiques de la Côte d’Ivoire, saluées par l’institution financière internationale malgré un contexte mondial marqué par des chocs multiples.
Enfin, au Ghana, Pulse Ghana met en lumière le témoignage poignant de la mère de Joana, une étudiante assassinée sur le campus de KNUST dans une affaire liée à une relation amoureuse. Mme Rejoice Yabani raconte avoir interrompu ses activités professionnelles pendant plus d’un an après le drame, incapable de faire face aux questions répétées des clients au sujet de sa fille. Ce récit relance au Ghana les débats sur les violences faites aux femmes, le traumatisme des familles et l’accompagnement psychologique après des crimes à forte charge émotionnelle.
Sf/APA





