Le président Abdelmadjid Tebboune a entamé une visite officielle de trois jours à Ankara, marquée par l’annonce de nouveaux accords, dans un contexte où l’impact économique réel du partenariat reste sujet à débat.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a été reçu à Ankara par son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan pour une visite officielle axée sur le renforcement des relations bilatérales, selon un communiqué de la présidence algérienne.
Les deux dirigeants doivent coprésider la première session du Conseil de coopération stratégique de haut niveau, une instance créée en 2020 et requalifiée en 2023 afin de refléter l’ambition politique affichée entre les deux pays.
Cette rencontre devrait déboucher sur la signature de plusieurs accords visant à consolider le cadre juridique des relations économiques et politiques. Les autorités mettent en avant une coopération élargie à plusieurs secteurs, avec la participation de ministres des deux côtés. La présidence turque évoque une revue globale du partenariat et l’identification de nouveaux axes de coopération.
Les données économiques disponibles traduisent une montée en puissance des échanges, qui ont atteint environ 6 milliards de dollars (soit près de 5,5 milliards d’euros), avec un objectif affiché de 10 milliards de dollars (environ 9,2 milliards d’euros).
Les investissements turcs en Algérie sont estimés à plus de 6 milliards de dollars (environ 5,5 milliards d’euros), avec des perspectives avancées à 16 milliards de dollars (près de 14,7 milliards d’euros), selon les chiffres évoqués par les autorités.
Malgré ces volumes, plusieurs observateurs soulignent un déséquilibre structurel dans cette relation. La présence de près de 2 000 entreprises turques en Algérie, notamment dans le bâtiment, le textile et la sidérurgie, illustre une implantation industrielle significative, mais largement dominée par des acteurs étrangers dans des segments clés de l’économie. Cette configuration alimente les interrogations sur la capacité de l’économie algérienne à capter davantage de valeur locale dans ces partenariats.
Le rapprochement politique entre Alger et Ankara s’étend également aux dossiers régionaux, notamment en Libye et en Palestine, où les deux pays affichent des positions convergentes. Cette dimension diplomatique renforce la portée stratégique du partenariat, même si son articulation avec les priorités économiques internes reste peu explicitée.
Au-delà des déclarations officielles mettant en avant une « alliance stratégique », les résultats concrets en matière de diversification économique et de rééquilibrage commercial apparaissent encore limités. Cette visite intervient ainsi dans un contexte où les ambitions affichées contrastent avec une dépendance persistante aux investissements étrangers pour soutenir l’activité industrielle.
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