Malgré une relative résilience économique, l’Afrique subsaharienne voit ses perspectives fragilisées par des tensions extérieures, un endettement élevé et des contraintes structurelles persistantes, selon le dernier rapport du Groupe de la Banque mondiale.
À mesure que les incertitudes s’intensifient sur la scène internationale, les économies d’Afrique subsaharienne peinent à maintenir leur dynamique, appelant à des réponses publiques plus ciblées pour protéger les populations et relancer durablement la création d’emplois.
Dans son dernier rapport semestriel sur l’état de l’économie régionale, le Groupe de la Banque mondiale indique que la croissance devrait se stabiliser à 4,1 % en 2026, un niveau identique à celui de 2025, mais revu légèrement à la baisse par rapport aux projections précédentes. Cette évolution traduit un essoufflement progressif après une décennie marquée par des chocs successifs.
Plusieurs facteurs pèsent sur cette trajectoire, notamment les tensions géopolitiques internationales, le renchérissement des produits énergétiques et alimentaires, ainsi que le durcissement des conditions financières. Ces pressions alimentent l’inflation, attendue autour de 4,8 % en 2026, et affectent particulièrement les ménages les plus vulnérables.
Par ailleurs, le poids croissant de la dette publique limite les marges de manœuvre budgétaires des États. Le service de la dette extérieure, qui représente une part de plus en plus importante des recettes, restreint la capacité des gouvernements à financer les infrastructures et les investissements nécessaires à une croissance inclusive.
Dans ce contexte, l’institution internationale appelle à un double impératif : préserver la stabilité macroéconomique tout en renforçant les dispositifs de protection sociale. Elle souligne également la nécessité d’orienter les économies vers des modèles plus productifs et diversifiés, capables de générer davantage d’emplois.
Le rapport met un accent particulier sur le rôle des politiques industrielles, présentées comme un levier stratégique pour accélérer la transformation économique. Celles-ci doivent toutefois s’appuyer sur des bases solides, incluant des infrastructures fiables, une main-d’œuvre qualifiée, un meilleur accès au financement et une intégration régionale renforcée, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine.
À l’horizon 2050, plus de 620 millions de personnes devraient rejoindre le marché du travail africain, accentuant l’urgence de réformes structurelles capables de soutenir une croissance durable et créatrice d’emplois de qualité.
ARD/Sf/APA







