Le Mali et le Sénégal ont réaffirmé, mardi à Bamako, leur engagement à intensifier leur collaboration en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme.
Il y a un regain d’activité diplomatique entre le Sénégal et le Mali, plus particulièrement au plan sécuritaire, dans un contexte marqué par la montée des menaces jihadistes dans la région malienne de Kayes, frontalière du Sénégal, devenue depuis 2025 un point névralgique de projection vers l’ouest.
Dans ce cadre, le ministre d’État malien chargé de la Défense et des Anciens Combattants, le général Sadio Camara, a reçu l’ambassadrice du Sénégal au Mali, Fatoumata Binétou Rassoul Correa, pour une visite de courtoisie axée sur les enjeux sécuritaires régionaux et la coopération bilatérale.
À l’issue de cette rencontre, la diplomate sénégalaise a précisé que les discussions avaient porté sur des sujets d’intérêt commun, avec un accent particulier sur la lutte contre le terrorisme et le renforcement de la coopération sécuritaire. Cette initiative vise à améliorer les mécanismes de coordination entre les deux pays, notamment dans une zone frontalière devenue particulièrement vulnérable.
Cette dynamique s’inscrit dans la continuité du rapprochement militaire amorcé en 2025. En février, le ministre sénégalais des Forces armées, le général Birame Diop, s’était rendu à Bamako pour des échanges de haut niveau avec les autorités maliennes, marquant une étape clé dans la relance de la coopération militaire. Les deux pays avaient alors insisté sur la nécessité de lutter contre les groupes armés et les trafics transfrontaliers, et de mieux sécuriser leur frontière commune.
Depuis lors, la coopération s’est traduite sur le terrain par un renforcement des dispositifs conjoints, notamment à travers des patrouilles mixtes dans la zone de Diboli–Kidira, un axe stratégique reliant le Mali au port de Dakar. Ce corridor est essentiel pour l’approvisionnement du Mali en produits de première nécessité, notamment en carburant et en biens de consommation.
Parallèlement, la région de Kayes s’impose de plus en plus comme un foyer de menace jihadiste. Depuis juillet 2025, plusieurs localités, dont Diboli, Sandaré, Nioro du Sahel et Gogui, ont été ciblées par des attaques, illustrant une progression inquiétante vers les frontières sénégalaise et mauritanienne.
Les attaques répétées contre les convois, les positions militaires et les citernes de carburant confèrent à cette zone une importance stratégique accrue. Pour Bamako comme pour Dakar, la sécurisation de cet axe est désormais un enjeu à la fois militaire, économique et régional.
Ainsi, cette rencontre s’inscrit dans une volonté commune de renforcer la concertation entre les deux pays afin de stabiliser leur frontière et de freiner l’expansion des groupes armés dans l’ouest du Sahel.
MD/te/Sf/APA






