Lors d’un meeting électrique dans l’Ouémé, ce vendredi 3 avril 2026, Romuald Wadagni a placé l’émancipation féminine au cœur de sa marche vers la présidence. Entre gratuité scolaire et révolution du micro-crédit, le candidat du projet « Plus Loin, Ensemble » veut transformer le potentiel des Béninoises en levier de croissance nationale.
Face à des milliers de militantes, de commerçantes et d’agricultrices de l’Ouémé, Romuald Wadagni empoigne le micro. Le ton n’est pas à la promesse électorale mielleuse, mais au constat clinique. « Sur la terre des Amazones, les femmes doivent être respectées », lance-t-il, déclenchant une clameur.
Wadagni prône la révolution du micro-crédit sans tracasseries administratives et le renforcement de l’Institut national de la femme, des lignes de son programme qui font du droit et de la protection des femmes un outil indispensable d’un développement équitable.
A Dangbo, une localité visitée, les femmes sont les poumons de l’économie locale. Elles cultivent, vendent et transforment leurs productions. Pourtant, elles restent les premières victimes de la précarité foncière et de la déscolarisation.
Devant la foule, le candidat égrène ses mesures. Mais le discours de la tribune tient-il la route face à l’épreuve du papier ? En confrontant les envolées de Dangbo au document officiel du projet Plus Loin, Ensemble, l’ambition se confirme. Wadagni propose un changement structurel.
Briser le mur de l’argent et du foncier
Pour le candidat, la libération de la femme béninoise passe d’abord par le portefeuille. Conscient que la « paperasse » est le premier obstacle entre les femmes et l’autonomie, Wadagni promet une refonte du micro-crédit.
L’objectif visé est de créer des montants revus à la hausse et une accessibilité garantie, même pour celles dépourvues de pièces d’identité complètes. Mais l’ambition ne s’arrête pas au crédit de proximité, le programme prévoit une attaque frontale contre les tabous économiques.
Romuald Wadagni envisage d’instaurer une garantie d’accès au foncier agricole pour les productrices et l’instauration de quotas de marchés publics réservés aux entreprises dirigées par des femmes. Une manière d’inciter l’État à « acheter féminin ».
Dans la foule, les têtes ont hoché : la paperasse est le premier mur qui sépare les femmes des banques classiques, en raison de l’asymétrie de l’information. L’autre moment de bascule du meeting fut l’annonce sur l’éducation.
« Les filles réussissent encore mieux que les garçons », a souligné le candidat, avant de dégainer sa mesure choc : la gratuité totale de l’enseignement secondaire pour toutes les filles. L’objectif est de former les futures dirigeantes du pays.
Santé, protection et la fin des « freins invisibles »
Pour garantir que cette mesure ne reste pas lettre morte, le projet s’attaque aux « freins invisibles », notamment la précarité menstruelle. La distribution gratuite de protections périodiques dans les collèges et lycées pour éviter le décrochage scolaire, une mesure encore rare sur l’échiquier politique africain.
Sur le plan de la santé, le candidat a promis un programme de nutrition renforcé pour les femmes enceintes et plus de spécialistes dans les hôpitaux. Le programme inclut le dépistage gratuit des cancers féminins dans l’assurance maladie et la création de crèches communautaires dans les nouveaux marchés pour alléger la charge de celles qui travaillent de l’aube au crépuscule.
Le candidat a prôné la « tolérance zéro » pour les Violences sexistes et sexuelles (VSS). L’Institut national de la femme (INF) verra ses moyens renforcés pour traquer l’impunité, tant dans l’espace public que dans l’intimité des foyers.
En quittant une tribune survoltée, l’impression laissée est celle d’une approche pragmatique. Pour Romuald Wadagni, les femmes ne sont pas un électorat à séduire par compassion, mais le principal verrou de croissance à faire sauter.
Le 12 avril 2026, les Béninoises diront si elles acceptent de signer ce pacte pour un déploiement du programme de Romuald Wadagni, qui veut libérer le potentiel des femmes, tant en zone rurale ou urbaine.
AP/Sf/APA







