Une vive polémique secoue le Cameroun, depuis le 4 avril, après l’adoption par le Parlement réuni en congrès d’une révision constitutionnelle instituant un poste de vice-président, dans un contexte marqué par les incertitudes entourant la succession du chef de l’État.
Le texte prévoit que le vice-président sera nommé et révoqué par le président de la République. En cas de vacance du pouvoir — décès, démission ou empêchement —, il assurera automatiquement la continuité de l’exécutif jusqu’à la fin du mandat en cours. Jusqu’ici, cette prérogative revenait au président du Sénat.
Le gouvernement défend une réforme destinée à garantir la stabilité institutionnelle et à prévenir toute crise en période de transition. Selon ses promoteurs, ce dispositif permettrait d’assurer une continuité plus directe et efficace au sommet de l’État.
L’opposition, en revanche, dénonce un mécanisme ouvrant la voie à une désignation indirecte du successeur du président, sans recours au suffrage universel. Plusieurs figures politiques et organisations de la société civile critiquent un renforcement jugé excessif des pouvoirs présidentiels, certains évoquant une « dérive autoritaire » ou une « succession verrouillée ».
Au pouvoir depuis 1982, le président, âgé de 93 ans, n’a pas officiellement désigné de successeur. Dans ce contexte, la création de ce poste stratégique relance les spéculations sur l’avenir politique du pays et les modalités d’une éventuelle transition.
Aucune nomination n’a, à ce stade, été annoncée pour occuper la nouvelle fonction de vice-président.
TE/APA







