Tripoli met en garde contre une menace maritime et environnementale après une attaque visant un navire civil au large de ses côtes.
La commission de la défense et de la sécurité nationale de la Chambre des représentants (HoR) libyenne a exprimé sa vive inquiétude à la suite de l’attaque contre le méthanier russe Arctic Methane Gas, survenue le 3 mars en eaux internationales avant que le navire ne dérive à proximité des côtes libyennes, au large de Zuwara. Dans un communiqué officiel, l’organe parlementaire qualifie l’incident de menace grave pour la sécurité régionale et l’environnement, rappelant la sensibilité stratégique de cette zone méditerranéenne.
Les autorités parlementaires dénoncent un « acte de terrorisme maritime » visant un navire civil, estimant que ce type d’attaque pourrait créer un précédent dangereux pour la sécurité de la navigation en Méditerranée. Elles rejettent par ailleurs les allégations selon lesquelles les drones utilisés dans l’opération proviendraient du territoire libyen, appelant à l’ouverture d’une enquête « urgente et transparente » en coordination avec les partenaires internationaux afin d’établir les responsabilités.
Le communiqué insiste sur la souveraineté nationale, qualifiant les eaux territoriales et l’espace aérien libyens de « ligne rouge ». Toute opération militaire ou sécuritaire menée sans coordination préalable avec les autorités libyennes constituerait, selon la HoR, une violation du droit national et international. Cette position traduit la volonté de Tripoli de contenir toute escalade sécuritaire dans une zone déjà marquée par des tensions persistantes.
Les risques économiques et énergétiques occupent une place centrale dans l’alerte lancée par les responsables libyens. Le texte souligne la vulnérabilité d’infrastructures stratégiques majeures, notamment le complexe gazier de Mellitah, pilier des exportations énergétiques du pays. Une détérioration de la sécurité maritime pourrait perturber les flux énergétiques et affecter les équilibres économiques déjà fragiles.
Face à ces enjeux, la commission appelle à un renforcement des capacités navales et des garde-côtes, à l’amélioration des équipements ainsi qu’à une montée en compétence des personnels. Elle recommande également l’activation complète des plans d’urgence sécuritaires et militaires afin de prévenir tout incident similaire.
La Libye réaffirme enfin son droit à obtenir réparation pour tout dommage éventuel lié à cet incident et prévient qu’elle prendra « toutes les mesures nécessaires » pour défendre sa souveraineté et garantir la sécurité nationale, dans un contexte régional où la sécurité maritime demeure un enjeu critique.
MK/AK/Sf/APA







