Dans le contexte du conflit en cours au Moyen Orient, la Chine a demandé jeudi à ses principales raffineries de suspendre temporairement les exportations de carburants et d’interrompre la signature de nouveaux contrats, selon plusieurs médias internationaux.
La demande de suspension des exportations de carburant, exprimée par la Chine, intervient alors que le conflit au Moyen-Orient, du fait des frappes israélo-américaines contre l’Iran, perturbe l’approvisionnement en pétrole et accentue la pression sur le marché asiatique.
Cette mesure n’affecte pas le ravitaillement en kérosène pour les vols internationaux, les opérations de stockage sous douane, ni les livraisons vers Hong Kong et Macao, ont rapporté plusieurs médias, citant des sources industrielles et commerciales.
Selon l’agence Bloomberg, citant des sources informées, des responsables de la Commission nationale du développement et de la réforme, plus haute autorité de planification économique en Chine, ont rencontré des représentants des raffineries et leur ont demandé verbalement de procéder immédiatement à une « suspension temporaire » des exportations de produits raffinés.
La décision des autorités chinoises vise les exportations commerciales de produits comme l’essence, le diesel et le kérosène, gérées par un système de quotas destiné à préserver l’équilibre entre l’offre et la demande sur le marché chinois.
Les marges de raffinage du diesel ont atteint 49 dollars le baril et celles du kérosène dépassent 55 dollars, un niveau inédit depuis trois ans, reflétant la tension croissante sur le marché régional, selon les données du London Stock Exchange Group (LSEG). Avec la plupart des cargaisons de mars déjà programmées, la réduction des exportations devrait se faire sentir à partir du mois d’avril.
Au moins deux raffineries chinoises (Zhejiang Petrochemical et l’unité de Sinopec à Fujian) ont commencé à limiter leur production, et d’autres sites devraient suivre, les perturbations des flux de pétrole brut au Moyen-Orient alimentant la flambée des prix de l’énergie.
Le Moyen-Orient représentait 57 % des importations directes de pétrole brut de la Chine en 2025, exposant le pays aux risques liés à la fermeture de passages stratégiques, notamment le détroit d’Ormuz actuellement fermé à la navigation commerciale, selon les mêmes sources.
La Chine, premier importateur mondial de pétrole, gère les exportations de carburant via un système de quotas afin d’équilibrer l’offre et la demande domestiques, la première série de quotas pour 2026 étant quasiment inchangée par rapport à l’année précédente, à 19 millions de tonnes.
La demande de suspension des exportations intervient alors que les prix domestiques du carburant en Chine s’envolent, les grossistes constituant des stocks en prévision de nouvelles hausses malgré une demande finale peu évolutive.
Le diesel en gros a progressé de 13,5 % pour atteindre 7 276 yuans (1 055,18 $) la tonne entre le 28 février et le 4 mars, selon le cabinet de conseil chinois JLC.
L’essence 92 octane au départ de l’usine a augmenté de 11 % à 8 208 yuans la tonne jeudi par rapport à la semaine précédente, selon la société indépendante Shandong Chambroad Petrochemical.
AK/te/Sf/APA





