Le Premier ministre libyen appelle à maîtriser les dépenses face à la flambée du dollar en estimant qu’un accord de développement unifié entre les différentes régions du pays constituait la principale voie de sortie face à la hausse du dollar et à l’accélération de l’inflation.
Le Premier ministre du Gouvernement d’union nationale (GUN), Abdul Hamid Dbeibah, a affirmé que la résolution de la crise économique en Libye ne devait pas se faire « au détriment des citoyens », dans un message publié sur sa page Facebook.
Reconnaissant la colère d’une partie de la population, le chef du gouvernement a jugé cette réaction « compréhensible ».
« Le citoyen ne s’intéresse pas aux détails techniques, mais pose une question simple : pourquoi le dollar s’apprécie-t-il et pourquoi les prix augmentent-ils ? », a-t-il écrit. Selon lui, la réponse ne peut être uniquement monétaire et nécessite une coordination budgétaire à l’échelle nationale.
S’appuyant sur des données attribuées à la Banque centrale de Libye, il a indiqué qu’en 2025, des lettres de crédit d’un montant de 16 milliards de dollars avaient été ouvertes, tandis qu’environ 100 milliards de dinars libyens avaient été retirés de la masse monétaire en circulation.
Dans le même temps, il a évoqué des « dépenses parallèles » estimées à 70 milliards de dinars, générant une demande supplémentaire de plus de 10 milliards de dollars. Ce déséquilibre aurait, selon lui, contribué à réinjecter des liquidités sur le marché et à accentuer la pression sur le taux de change ainsi que sur les prix.
Abdul Hamid Dbeibah a souligné que la politique monétaire, à elle seule, ne suffirait pas à stabiliser la situation sans une stricte maîtrise des dépenses publiques. Il a appelé le gouverneur de la Banque centrale à suspendre toute décision susceptible d’alourdir le fardeau des ménages tant que la « cause réelle » du problème – les dépenses hors budget – ne serait pas traitée. Il a plaidé pour un mécanisme permettant aux régions de l’est, du sud et de l’ouest de mettre en œuvre des projets de développement en fonction des capacités financières réelles de l’État.
Lundi, le Gouvernement d’union nationale a annoncé son refus d’imposer une taxe sur les marchandises importées, que ce soit via les ventes en devises étrangères ou par le biais des lettres de crédit. Il a réaffirmé que la dépréciation du dinar face au dollar résultait principalement de dépenses parallèles non inscrites au budget officiel.
Cette prise de position intervient alors qu’une controverse a émergé autour d’informations faisant état d’un projet de taxation des importations, attribué à la présidence de la Chambre des représentants. Aucune déclaration officielle claire n’a toutefois confirmé l’adoption d’une telle mesure, tandis que plusieurs députés ont publiquement nié toute implication dans cette initiative.
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