L’Assemblée nationale sénégalaise a voté, lundi 16 février, la levée de l’immunité parlementaire du député-maire d’Agnam, Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, mis en cause dans une affaire de détention de téléphones portables en prison et de diffusion de contenus sensibles.
Réunis en séance plénière, les députés sénégalais ont largement approuvé la demande de levée de l’immunité parlementaire du député-maire d’Agnam, Mouhamadou Ngom, introduite par la garde des Sceaux. Sur 129 votants, 108 se sont prononcés pour et 21 contre, sans aucune abstention, ouvrant la voie à de nouvelles poursuites judiciaires.
Cette décision fait suite aux conclusions d’une commission ad hoc chargée d’examiner la requête du ministère de la Justice. Le parquet pourra désormais approfondir les investigations, après avoir suspendu certaines démarches en raison de l’immunité parlementaire de l’élu.
Présent lors de la plénière, Farba Ngom a reconnu avoir introduit un téléphone portable en détention, affirmant qu’il cherchait à communiquer avec sa famille, notamment via l’application WhatsApp. Il a toutefois dénoncé une violation de ses droits et soutenu que des actes d’enquête avaient été posés avant la levée officielle de son immunité.
Déjà placé en détention préventive depuis février 2025 par le Pôle judiciaire financier dans une affaire présumée de blanchiment de capitaux portant sur 125 milliards de francs CFA, le député a rejeté les accusations, jurant sur le Coran de son innocence et dénonçant un acharnement judiciaire.
La ministre de la Justice, Yassine Fall, a pour sa part insisté sur la gravité des faits, évoquant des éléments issus de l’exploitation des téléphones et de supports numériques saisis, qui feraient état d’opérations financières et de documents couverts par le secret de l’instruction.
Fait inédit, le député détenu a été autorisé à assister à la plénière et à assurer sa défense devant ses pairs, une situation qui contraste avec celle de Khalifa Ababacar Sall, qui n’avait pas comparu devant les députés lors de la levée de son immunité en 2017.
Au-delà du cas individuel de Farba Ngom, cette séquence relance le débat sur les relations entre justice et pouvoir politique au Sénégal, ainsi que sur l’évolution du traitement institutionnel réservé aux responsables politiques poursuivis.
RNK/Sf/APA







