Media Rights Agenda (MRA) a appelé vendredi le gouvernement fédéral nigérian et les autres parties prenantes à prendre des mesures urgentes pour revitaliser le secteur de la radio au Nigeria.
Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée mondiale de la radio 2026, l’organisation Media Rights Agenda (MRA) estime que malgré l’évolution rapide des technologies, qui transforme profondément le paysage médiatique et communicationnel, l’accessibilité, le coût abordable et la résonance culturelle de la radio la placent dans une position unique pour renforcer la participation démocratique et l’inclusion sociale, à condition qu’elle bénéficie d’un soutien adéquat.
MRA décrit la radio comme « l’une des plateformes les plus accessibles, fiables et puissantes pour l’information, l’éducation et la participation démocratique ».
Elle rappelle que depuis son introduction au Nigéria en 1933, « la radio demeure une bouée de sauvetage pour des millions de personnes, notamment dans les zones rurales et mal desservies, où elle constitue un moyen essentiel d’accès à l’actualité, aux alertes d’urgence, à l’expression culturelle et à l’engagement civique ».
Selon un communiqué signé par sa chargée de programme, Mme Adesewa Akintokun, l’organisation souligne que malgré l’essor des médias numériques au Nigéria et ailleurs en Afrique, la radio reste la principale source d’information pour une large frange de la population. Elle permet de diffuser des informations, de réduire les écarts liés à l’analphabétisme et de rapprocher les citoyens des pouvoirs publics et des processus de gouvernance.
Toutefois, MRA déplore que dans un contexte de transformation numérique du paysage médiatique, le secteur radiophonique soit largement négligé, tandis que des pratiques réglementaires jugées insensibles, voire excessivement contraignantes, compromettent sa viabilité et sa durabilité.
Mme Akintokun affirme que « le Nigéria peut considérablement accroître l’utilisation de la radio en combinant réformes politiques, innovation technologique, développement de contenus et financement durable », rappelant que la radio demeure l’un des médias les plus accessibles dans le pays, en particulier dans les communautés rurales, à faible taux d’alphabétisation et à faibles revenus.
Elle appelle le gouvernement fédéral à collaborer avec les autres acteurs afin de garantir un cadre de régulation transparent et non punitif, notamment en simplifiant les procédures d’octroi de licences et en réduisant les frais excessifs, en particulier pour les radios communautaires et universitaires.
Estimant que seule une sécurité réglementaire peut encourager l’investissement et l’innovation dans le secteur, Mme Akintokun plaide pour une approche protégeant l’indépendance éditoriale des radios publiques comme privées et empêchant les sanctions arbitraires.
Elle exhorte également les propriétaires, exploitants et gestionnaires de radios à s’adapter aux évolutions technologiques et aux nouveaux modes de consommation des publics, en développant la radiodiffusion numérique et les plateformes de streaming. Avec la forte pénétration de la téléphonie mobile au Nigéria, la radio en ligne et les podcasts peuvent, selon elle, toucher les jeunes urbains qui n’utilisent plus forcément les postes FM/AM traditionnels.
Mme Akintokun invite par ailleurs les opérateurs à renforcer la qualité et la pertinence de leurs contenus, estimant que les auditeurs restent fidèles aux médias qui reflètent leurs réalités. Elle recommande d’investir dans le journalisme d’investigation et les programmes d’intérêt public, de développer des émissions dédiées aux jeunes, et d’élargir les contenus consacrés à la santé, à l’entrepreneuriat, à l’agriculture et à la culture numérique.
Elle souligne enfin que la valeur durable de la radio repose sur sa liberté, rappelant qu’un secteur radiophonique indépendant ne peut prospérer dans un environnement où les journalistes sont harcelés, les stations sanctionnées arbitrairement, les licences manipulées à des fins politiques ou les contenus indûment restreints.
Mme Akintokun appelle ainsi les gouvernements à tous les niveaux à respecter les garanties constitutionnelles relatives à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, à éviter les mesures réglementaires punitives contre les diffuseurs et à créer un environnement favorable au développement de radios diversifiées et communautaires.
MRA a enfin réaffirmé son engagement à défendre les droits des diffuseurs et des journalistes, à promouvoir l’accès à l’information et à faire progresser la liberté des médias comme pilier fondamental de la démocratie.
GIK/lb/Sf/APA







