Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a rencontré mercredi le maréchal Khalifa Haftar à Benghazi, au terme d’une visite en Libye entamée à Tripoli et centrée sur les enjeux migratoires et sécuritaires.
Selon l’agence italienne Agenzia Nova, le ministre italien de l’Intérieur Matteo Piantedosi s’est entretenu à Benghazi avec le commandant des forces de l’est libyen, Khalifa Haftar, dans le cadre d’une mission officielle qui a débuté à Tripoli. Cette visite, la sixième en Libye depuis sa prise de fonctions, s’inscrit dans la stratégie italienne de dialogue avec l’ensemble des acteurs politiques et militaires du pays, fragmenté entre autorités rivales.
À Tripoli, le ministre italien a également rencontré son homologue du Gouvernement d’union nationale (GUN), Emad Al-Trabelsi. Les discussions ont porté sur la lutte contre l’immigration clandestine, le renforcement de la surveillance des frontières terrestres et maritimes, ainsi que sur le développement de programmes de formation et de renforcement des capacités des forces libyennes. D’après Agenzia Nova, ces échanges interviennent alors que Rome prépare un nouveau paquet législatif en amont de l’entrée en vigueur du Pacte européen sur l’asile et la migration.
L’élargissement du dialogue à Benghazi « témoigne de la volonté de l’Italie de maintenir un canal de communication avec les autorités de l’est de la Libye », souligne l’agence italienne. Les forces dirigées par Khalifa Haftar contrôlent en effet de vastes segments de la frontière méridionale libyenne, notamment avec l’Égypte, le Soudan et le Tchad. Cette zone constitue un axe stratégique dans la gestion des flux migratoires en direction de la Méditerranée centrale et dans l’équilibre sécuritaire régional.
Ce déplacement n’est pas inédit. En avril dernier, Matteo Piantedosi s’était déjà rendu dans l’est libyen, où il avait rencontré Khalifa Haftar aux côtés du vice-ministre italien des Affaires étrangères, Edmondo Cirielli, dans le cadre d’une mission axée sur la coopération sécuritaire.
En multipliant les contacts à Tripoli comme à Benghazi, Rome confirme ainsi son approche pragmatique fondée sur le dialogue bilatéral avec les différents centres de pouvoir libyens, dans un contexte où la question migratoire demeure un enjeu central des relations entre l’Italie et la rive sud de la Méditerranée.
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