La reprise simultanée des volets gouvernance et sécurité du dialogue structuré sous l’égide de l’ONU illustre la persistance en Libye d’un processus politique fragmenté, dont l’efficacité concrète reste suspendue à la mise en œuvre réelle de recommandations déjà largement balisées.
La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a annoncé la reprise, dimanche à Tripoli, des réunions en présentiel des volets gouvernance et sécurité du dialogue structuré. Selon la mission, les travaux, facilités par l’Organisation des Nations Unies, doivent se poursuivre pendant quatre jours et porter sur des questions liées à la gouvernance, à la prévention des conflits et à la stabilité.
Dans un message publié sur ses canaux officiels, la mission indique que les participants sont appelés à formuler des recommandations « pratiques et applicables » afin de contribuer à la création de conditions favorables à la tenue d’élections nationales et à une stabilité durable en Libye. Une formulation qui reflète la continuité d’un discours onusien axé sur l’inclusivité et le consensus, sans pour autant lever les ambiguïtés sur les leviers effectifs de mise en œuvre.
La MANUL rappelle que ce dialogue s’inscrit dans son mandat de bons offices visant à faciliter un processus politique « mené et pris en charge par les Libyens ». Cette insistance sur l’appropriation nationale contraste toutefois avec la dépendance persistante du processus aux médiations internationales, dans un paysage institutionnel toujours fragmenté et marqué par la concurrence des centres de pouvoir.
Sur le volet sécuritaire, la mission souligne que les réunions tenues du 18 au 22 janvier ont abouti à un accord sur des mesures destinées à sécuriser le processus électoral, prévenir les perturbations et garantir le respect des résultats. Les recommandations portent notamment sur une meilleure coordination entre la Haute Commission électorale nationale, le ministère de l’Intérieur, le pouvoir judiciaire et la société civile, ainsi que sur le renforcement des capacités des unités de police spécialisées et l’adoption d’un code de conduite pour les acteurs politiques et sécuritaires. Autant de priorités déjà identifiées lors de précédentes initiatives, dont l’application est restée inégale.
Le volet gouvernance, réuni pour la première fois officiellement du 11 au 15 janvier 2026, a identifié cinq axes structurants : l’accord politique préalable aux élections, le mandat de l’exécutif chargé de les superviser, l’intégrité du processus électoral et l’appui international, le système politique et l’architecture du pouvoir central et local. La mission précise que ce groupe, composé à 38 % de femmes, doit élaborer dans les prochains mois des propositions concrètes, en coordination avec les volets sécurité, économie et réconciliation nationale et droits de l’homme.
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