Une commission d’enquête sur l’importation illégale d’armes et l’Opération Black Iron a été officiellement installée lundi aux Seychelles. Le président Herminie a annoncé une amnistie pour la restitution des armes détenues illégalement.
Le président de la République des Seychelles, Dr Patrick Herminie, a présidé lundi la cérémonie de prestation de serment du président et des membres du Board of Inquiry chargé d’enquêter sur l’importation d’armes à feu dans le pays.
Selon un communiqué de la State House parvenu à APA, cette instance a été créée le 31 décembre 2025 par le chef de l’État seychellois, en sa qualité de Commandant en chef des Forces de défense. Elle est présidée par le juge Duncan Gaswaga, assisté de Nissa Thomson, Justin Dogley et Edward Annacoura en tant que membres.
La cérémonie s’est déroulée en présence du vice-président Sebastien Pillay, des responsables de la State House et des membres de la presse. Lors de l’événement, le juge Gaswaga et les autres membres ont prêté serment et signé les documents officiels.
Le Board a pour mission d’examiner l’importation d’armes et de munitions non enregistrées, d’identifier les personnes ayant autorisé ou financé ces achats, et de vérifier les lieux de stockage, y compris ceux non déclarés, ainsi que les responsables de ces sites. Il investiguera également l’implication de mercenaires étrangers ou d’anciens militaires étrangers lors de l’Opération Black Iron, leur accès aux arsenaux et l’autorité qui a supervisé leurs activités.
Cette opération anticorruption majeure vise à élucider le détournement de fonds publics, dont un prêt de 50 millions de dollars accordé par les Émirats arabes unis en 2002. L’homme d’affaires Mukesh Valabhji et son épouse ont été arrêtés pour détournement, blanchiment d’argent et corruption. Les investigations ont également révélé la possession illégale d’armements, conduisant à la création de cette commission d’enquête spéciale pour examiner le recrutement et la supervision d’éventuels contractants militaires privés.
La commission devra déterminer si ces contractants étrangers ont exercé des pouvoirs d’arrestation, de perquisition ou de saisie, et examiner tout autre élément pertinent. Le rapport final écrit, comprenant conclusions et recommandations, devra être soumis au président Herminie au plus tard le 30 juin 2026.
S’exprimant après la cérémonie, le Dr Herminie a rappelé qu’aucune activité illégale liée aux armes n’est tolérée en vertu de la loi. Il a précisé que le mandat de cette instance relève de l’Office du Procureur Général et non de l’Anti-Corruption Commission of Seychelles (ACCS).
Le dirigeant seychellois a également annoncé qu’une amnistie sera accordée aux personnes en possession illégale d’armements, leur permettant de les restituer sans poursuites. Les lois seychelloises prévoient jusqu’à 15 ans de prison et une amende maximale d’un million de roupies pour détention illégale, conformément au Firearms and Ammunition Act (1973), section 4(2) et au Bill No. 29 de 2021.
AC/APA







