La Compagnie nationale libyenne du pétrole a dévoilé un plan de modernisation ambitieux visant à presque doubler la capacité de raffinage du pays, dans un contexte de forte dépendance aux importations de carburants et de fragilités structurelles persistantes du secteur.
La National Oil Corporation (NOC) a annoncé un plan visant à porter la capacité libyenne de raffinage à 660 000 barils par jour (bpj), contre une capacité théorique actuelle de 380 000 bpj. L’information a été rendue publique par le président de la NOC, Masoud Suleiman, dans un message publié sur sa page officielle Facebook.
Selon M. Suleiman, l’augmentation de la production nationale de carburants constitue « l’un des piliers essentiels » de l’amélioration de l’économie libyenne. Il a dressé un constat sévère de l’état des infrastructures existantes, soulignant que les raffineries du pays reposent sur des conceptions rudimentaires, des technologies obsolètes, et affichent des niveaux de production largement insuffisants par rapport à la demande du marché local.
La Libye dispose de cinq raffineries principales, pour une capacité cumulée de 380 000 bpj. Toutefois, la production réelle ne dépasse actuellement pas 180 000 bpj, notamment en raison de l’arrêt de la raffinerie de Ras Lanuf depuis 2013. Cette situation a creusé un écart structurel entre l’offre domestique et la consommation, renforçant la dépendance du pays aux importations de carburants, lourdement subventionnées et coûteuses pour les finances publiques.
Le plan présenté par la NOC repose sur plusieurs axes : la modernisation des raffineries existantes, l’augmentation progressive de leur capacité, la construction d’une nouvelle raffinerie, ainsi que la relance du projet de raffinerie du Sud. Selon la direction de la compagnie, ces investissements permettraient d’accroître significativement la production nationale de carburants, de réduire les importations et d’améliorer la viabilité économique globale du secteur pétrolier.
Masoud Suleiman a également avancé des horizons de moyen et long termes, indiquant que le développement de l’industrie du raffinage pourrait permettre à la Libye d’atteindre l’autosuffisance en essence à l’horizon 2037, en gaz de cuisson en 2033 et en diesel en 2034. Ces objectifs, présentés comme structurants, visent à stabiliser durablement le marché local et à renforcer la contribution du secteur pétrolier au développement national.
Reste que ces projections s’inscrivent dans un contexte marqué par des contraintes lourdes : instabilité politique, vétusté des infrastructures, besoins élevés en financement et en expertise technique. La NOC assure toutefois que ces défis ne freineront pas ses efforts pour bâtir un secteur pétrolier plus efficace et durable, au service des citoyens et de l’économie libyenne.
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