L’historien algérien Mohammed Harbi, connu pour ses critiques du pouvoir post-indépendance en Algérie, est décédé à Paris jeudi soir à l’âge de 92 ans, ont annoncé ces proches.
L’historien algérien Mohammed Harbi est décédé «après avoir lutté pendant quatre jours contre une infection pulmonaire dans un hôpital parisien», a écrit sur sa page internet son ami, l’historien Ali Guenoun.
Cet enseignant à la Sorbonne a salué la «contribution majeure» de M. Harbi, «figure de la lutte pour l’autodétermination et l’émancipation du peuple algérien».
Harbi a été l’un des premiers historiens algériens à questionner les récits officiels de la guerre de libération (1954-1962) et la construction politique post-indépendance.
Né le 16 juin 1933 à Skikda dans l’est de l’Algérie, il commence à militer très jeune contre la colonisation française (1830-1962) avant de partir étudier à Paris où il rejoint l’antenne locale du Front de libération nationale (FLN). Il travaille au sein du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) notamment aux côtés de Krim Belkacem, signataire des accords d’Evian de mars 1962 ayant mis fin à la colonisation française.
Après l’indépendance, il intègre le cabinet du premier président de l’Algérie indépendante, Ahmed Ben Bella, jusqu’au coup d’État du colonel Houari Boumédiène en 1965, dont il dénonce «le régime totalitaire», ce qui le conduit en prison pendant cinq ans puis en résidence surveillée.
En 1973, il quitte clandestinement l’Algérie pour se réfugier en France, où il se consacre à l’enseignement universitaire et à la recherche académique sur l’histoire contemporaine de l’Algérie.
Parmi ses ouvrages les plus importants figure «Le FLN: mirage et réalité», qui suscite une vive polémique à sa sortie en 1980 parce qu’il y critique la prise du pouvoir par un parti unique .
AK/Sf/APA avec AFP







