L’inflation en Égypte est restée pratiquement inchangée en novembre, à 10 %, la baisse des prix alimentaires compensant partiellement la hausse continue des coûts de l’énergie et des services.
L’Agence centrale égyptienne pour la mobilisation publique et les statistiques (CAPMAS) a annoncé mercredi que le taux d’inflation annuel s’est établi à 10 % en novembre 2025, contre 10,1 % en octobre, confirmant une relative stabilisation après plusieurs mois de tensions sur les prix. L’inflation mensuelle a reculé de 0,2 %, malgré l’impact persistant de la hausse des tarifs énergétiques et du transport, reflet d’un ajustement progressif des prix administrés.
La décélération observée s’explique principalement par un repli marqué de plusieurs catégories de produits alimentaires, traditionnellement parmi les plus inflationnistes. Les prix des légumes ont chuté de 15,8 %, tandis que ceux de la viande et de la volaille ont reculé de 1,5 %, et les produits laitiers, œufs et fromages ont diminué de 1,2 %. Cette correction contribue à amortir la pression sur les ménages dans un contexte économique encore fragile.
En parallèle, les postes liés aux services continuent de tirer l’inflation vers le haut. Les services de transport ont augmenté de 8,3 %, le transport privé de 6,4 %, tandis que les prix de l’électricité, du gaz et des combustibles ont progressé de 3,9 %. Ces hausses reflètent l’impact direct de l’ajustement des prix du carburant opéré en octobre, qui avait conduit le gouvernorat du Caire à relever de 10 à 15 % les tarifs des transports publics et interurbains.
Ces évolutions interviennent alors que l’Égypte s’est engagée, dans le cadre de son programme avec le Fonds monétaire international, à supprimer totalement les subventions sur les carburants d’ici décembre 2025, une mesure destinée à assainir les finances publiques mais susceptible d’entretenir des tensions inflationnistes à court terme. Le FMI avait rappelé en mars, par la voix de Mohamed Maait, que cet engagement demeure central dans le cadre de la réforme budgétaire.
La Banque centrale d’Égypte maintient toutefois ses objectifs de moyen terme : ramener l’inflation à 7 % (±2 pts) d’ici le quatrième trimestre 2026, puis à 5 % (±2 pts) d’ici fin 2028, misant sur une stabilisation graduelle des prix et un apaisement des chocs exogènes. La détente actuelle pourrait renforcer l’option d’un assouplissement futur de la politique monétaire, alors que le comité de politique monétaire doit tenir sa dernière réunion de l’année le 25 décembre.
Selon les analystes, la trajectoire de l’inflation dépendra de la capacité du pays à contenir l’impact des réformes énergétiques et à maintenir l’approvisionnement alimentaire à des niveaux stables dans un contexte de volatilité internationale.
MK/AK/Sf/APA







