L’Éthiopie a dévoilé son quatrième Plan d’action national sur la résistance aux antimicrobiens (RAM), visant à endiguer les pathologies résistant aux traitements.
S’exprimant mardi à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, lors de l’événement de lancement marquant la Semaine mondiale de sensibilisation à la RAM, la ministre éthiopienne de la Santé, Mekdes Daba, a qualifié la résistance aux antimicrobiens de crise croissante exigeant une action urgente et coordonnée.
Le lancement du plan d’action place l’Éthiopie parmi un nombre grandissant de pays africains dotés de stratégies fermes pour s’attaquer à la RAM, phénomène par lequel les bactéries, virus, champignons et parasites évoluent pour résister aux médicaments conçus pour les éliminer, selon un communiqué de reliefweb.
« La résistance aux infections augmente dans le monde entier. Sans mesures décisives, nous pourrions assister d’ici 2050 à une augmentation de 70 % des impacts liés à la RAM, coûtant à l’économie mondiale environ $1 billion », a averti la ministre de la Santé éthiopienne, Mekdes Daba.
Le directeur général adjoint de l’Africa CDC, Raji Tajudeen, a fait écho à cette inquiétude, déclarant que la RAM n’était « plus une pandémie silencieuse ». Classée parmi les dix principales menaces mondiales pour la santé publique, la RAM mine déjà les systèmes de santé, la sécurité alimentaire, la croissance économique et la stabilité environnementale à travers l’Afrique. « Il ne s’agit pas d’une menace lointaine, c’est une réalité actuelle », a-t-il affirmé.
L’Afrique enregistre actuellement plus d’un million de décès liés à la RAM chaque année, soit environ 21 % du bilan mondial. Sans action immédiate, les projections indiquent que d’ici 2050, les décès liés à la RAM sur le continent pourraient atteindre 4,1 millions par an, précipitant des millions de personnes dans l’extrême pauvreté et anéantissant des décennies de progrès dans le contrôle des maladies infectieuses.
Le nouveau plan d’action confère à l’Éthiopie un rôle de chef de file continental, établissant un modèle de progrès et incitant d’autres nations à agir, a souligné Mekdes Daba. Elle a mis en avant le solide bilan du pays, notamment son adhésion active au Groupe des dirigeants mondiaux sur la RAM et sa réussite à accroître de 50 % la sensibilisation à la RAM chez les professionnels de la santé. Le pays a également mené plus de 54 campagnes de sensibilisation publique, mobilisant les communautés face à cette menace grandissante.
Raji Tajudeen a relevé les avancées de l’Afrique en matière de résistance aux antimicrobiens, citant le renforcement des comités nationaux de coordination, l’amélioration de la surveillance et des capacités de laboratoire, ainsi que les données de référence issues de l’influente étude Mapping Antimicrobial Resistance and Antimicrobial Use Partnership (MAAP), soutenue par le rapport historique sur la RAM de l’UA publié en 2024.
Des défis persistent néanmoins, a-t-il ajouté, notamment le faible accès à des diagnostics et des médicaments de qualité, le sous-financement des plans d’action, les déficiences en matière de prévention et de contrôle des infections, le manque de données pour l’élaboration des politiques, et la fragmentation des systèmes de surveillance « Une seule Santé ».
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