Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a achevé la phase pilote de son Mécanisme des bénéfices d’adaptation (Adaptation Benefits Mechanism, ABM) et entame désormais une phase de transition devant aboutir à la mise en place d’un secrétariat permanent d’ici 2027.
Première approche non marchande spécifiquement dédiée à l’adaptation reconnue par la CCNUCC dans le cadre de l’Accord de Paris, le Mécanisme des bénéfices d’adaptation (Adaptation Benefits Mechanism -ABM) franchit ainsi une étape décisive au niveau de la Banque africaine de développement (BAD).
L’annonce a été faite lors d’une rencontre organisée le 13 novembre au Pavillon des banques multilatérales de développement, en marge de la COP30, sous le thème : « L’ABM prend son essor : la finance climatique transformationnelle en action ».
Développé et testé par la BAD depuis 2019, le mécanisme s’apprête à délivrer les premiers Bénéfices d’adaptation certifiés (Certified Adaptation Benefits – CABs), une nouvelle catégorie d’actifs destinée à renforcer le financement des projets d’adaptation.
À cette occasion, la Banque a lancé un appel à manifestations d’intérêt visant les gouvernements et organisations internationales souhaitant accueillir le futur secrétariat de l’ABM.
Une fois pleinement opérationnel, le mécanisme devrait contribuer à l’atteinte des objectifs climatiques mondiaux, tout en permettant à la BAD de financer des initiatives d’adaptation à travers le continent.
Le vice-président de la Banque chargé de l’électricité, de l’énergie, du changement climatique et de la croissance verte, Dr Kevin Kariuki, a souligné le caractère innovant du dispositif. En soutenant que « L’ABM offre aux gouvernements un moyen d’amener les émetteurs à participer aux coûts de l’adaptation ».
Et d’ajouter : « Son statut non marchand garantit que chaque dollar alloué à l’acquisition d’un CAB est directement utilisé pour lever les obstacles financiers auxquels sont confrontés les projets d’adaptation. C’est un progrès majeur dans l’utilisation d’une finance climatique limitée. »
Pour Gareth Phillips, responsable du financement climatique et environnemental au sein de la BAD, l’ABM ouvre de nouvelles perspectives pour la résilience.
« Ce mécanisme démontre que l’adaptation peut être financée de manière transparente et efficace, en dehors des marchés traditionnels. En certifiant les résultats des projets, l’ABM permet aux gouvernements, aux entreprises et aux citoyens d’exprimer leur solidarité envers les communautés vulnérables, tout en créant une nouvelle classe d’actifs susceptible d’attirer des investissements durables », explique-t-il.
Modéré par Luc Gnacadja, coprésident du comité exécutif de l’ABM, l’événement a également réuni Tariye Gbadegesin, directrice générale du Climate Investment Funds, ainsi qu’un panel composé de représentants du Kenya, de l’Observatoire du Sahara et du Sahel, du Royaume-Uni et de la BAD.
Selon un rapport partagé par APO Group au nom de la Banque africaine de développement, alors que les budgets de l’aide publique au développement se resserrent, l’ABM apparaît comme une alternative crédible aux mécanismes financiers traditionnels. Il offre un cadre alliant transparence, efficacité et solidarité, tout en favorisant une plus grande mobilisation du secteur privé pour le financement de l’adaptation.
GIK/lb/te/Sf/APA







