La 17ᵉ réunion de l’Équipe multidisciplinaire du Bureau sous régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest (MDT 17), s’est ouverte ce mardi 18 novembre 2025, à Abidjan, autour du thème : « Mécanismes de financement innovant et réformes structurelles pour l’adaptation climatique ».
Cette rencontre régionale, qui se tient du 18 au 21 novembre 2025, sur les berges de la lagune Ebrié, est organisée en mode hybride (présentiel et en ligne). Elle a enregistré la présence de Abebe Haile-Gabriel, sous-directeur général et représentant régional de la FAO pour l’Afrique.
Elle réunit également plusieurs acteurs clés, notamment les représentants de la FAO dans les 15 pays d’Afrique de l’Ouest, de hauts responsables techniques, des institutions régionales, des partenaires techniques et financiers, des organisations du secteur privé et de la société civile.
Joseph Nyemah, représentant résident de la FAO en Côte d’Ivoire, a, à l’ouverture de cette rencontre de haut niveau, souligné les enjeux majeurs, notamment le système de sécurité alimentaire, le dérèglement climatique et la mobilisation des financements.
Cette 17e édition intervient, par ailleurs, dans un contexte régional marqué par des défis majeurs et multidimensionnels : changement climatique, insécurité alimentaire, tensions sur les ressources naturelles, croissance démographique rapide, urbanisation non planifiée et persistance des conflits.
Résilience et innovation
« L’adaptation, hélas, ne se limite pas aux infrastructures et aux technologies. Elle doit aussi inclure les dimensions sociales et humaines, car la résilience commence par la protection des plus vulnérables », a déclaré Bintia Stephen Tchikaya, coordonnatrice du Bureau sous régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest.
Bintia Stephen Tchikaya a relevé que selon le rapport du Cadre harmonisé pour juin-août 2025, plus de 49,3 millions de personnes, soit 11,6% de la population en Afrique de l’Ouest plus le Cameroun, est en insécurité alimentaire aiguë.
Pour elle, il est essentiel de rappeler que la protection sociale, pilier de la résilience, et les ménages vulnérables peuvent être financés par des mécanismes de financement climatique, entre autres, le fonds vert climat et le fonds d’adaptation.
La coordonnatrice du Bureau sous régional de la FAO, Bintia Tchikaya, a soutenu que les programmes qui renforcent les filets sociaux, diversifient les moyens de subsistance et qui réduisent la vulnérabilité des populations, s’inscrivent pleinement dans les objectifs d’adaptation.
Dans ce contexte, elle a salué la vision du ministre ivoirien de l’Emploi et de la protection sociale, Me Adama Kamara pour avoir commandité l’élaboration d’un programme d’investissement ambitieux sur la protection sociale en alliant le secteur informel et agricole en Côte d’Ivoire.
Protection sociale en milieu agricole
Sur l’extension de la protection sociale dans le monde rural, Adama Kamara a avoué que cette vision de la FAO « a contribué à l’adoption récente par le gouvernement ivoirien du Programme d’investissement en protection sociale dans le secteur agricole et informel. »
« Ce programme inédit vise à étendre la protection sociale à plus de 5 millions d’acteurs agricoles, artisanaux et informels, à renforcer l’organisation de leurs coopératives, à soutenir l’autonomisation des femmes et à encourager la création d’emplois verts et durables », a-t-il précisé.
Adama Kamara a affirmé que l’un des puissants instruments de financement de l’adaptation climatique est la caisse de prévoyance sociale, dont la fructification des excédents peut être utilisée pour des financements structurels, surtout la maîtrise de l’eau, car sans maîtrise de l’eau il n’y a pas d’agriculture.
La représentante résidente de la Cedeao par intérim a souligné que malgré les efforts déployés pour soutenir la mise en œuvre de mesures d’adaptation au climat, les Etats de la Cedeao rencontrent des difficultés à différents niveaux pour accéder au financement climatique.
« Il nous appartient dès lors de renforcer nos actions pour surmonter les obstacles en facilitant l’accès à des financements domestiques et multilatéraux, notamment les fonds verts climats », a-t-elle ajouté, indiquant que « les besoins en financement climatique de notre région sont estimés à 340 milliards de dollars d’ici 2030. »
Plus de 80% des acteurs économiques en Afrique de l’Ouest travaillent dans l’informel et souvent sans couverture sociale. La réunion a encouragé l’adoption des pratiques climato-intelligentes, les assurances agricoles indexées sur le climat pour protéger les revenus des producteurs.
AP/APA






