L’organisation Libyan Crimes Watch dénonce une recrudescence des violations et des restrictions à la liberté de la presse dans un pays toujours divisé entre autorités rivales.
À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes, l’organisation Libyan Crimes Watch (LCW) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation critique de la liberté de la presse en Libye. Dans un communiqué publié dimanche, l’ONG affirme que les journalistes et professionnels des médias sont exposés à des arrestations arbitraires, à des menaces et à des poursuites illégales, dans un climat d’impunité persistante.
LCW indique avoir recensé au moins onze arrestations de journalistes entre 2024 et 2025, menées aussi bien par des groupes armés que par des agences de sécurité affiliées aux autorités de l’Est et de l’Ouest du pays. Ces interpellations, souvent effectuées sans mandat ni motif légal, illustrent la fragmentation institutionnelle et la rivalité entre les administrations de Tripoli et Benghazi.
Les journalistes ciblés sont accusés de « diffusion de fausses informations » ou d’« atteinte à la sécurité de l’État », des chefs d’inculpation fréquemment utilisés pour faire taire les voix critiques. Dans certains cas, les familles ne sont pas informées du lieu de détention, et les détenus sont soumis à des interrogatoires prolongés dans des conditions dénoncées comme contraires aux normes internationales.
LCW déplore également la poursuite des procès de journalistes devant des tribunaux militaires, une pratique contraire au droit international. Ces procédures, selon l’organisation, démontrent la volonté des autorités locales de criminaliser le travail journalistique plutôt que de protéger la liberté d’expression. L’ONG souligne que la situation s’est aggravée depuis le début de 2024, avec une multiplication des cas de harcèlement numérique, de censure et de pressions sur les rédactions indépendantes.
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la presse libyenne évolue dans un environnement de plus en plus dangereux. Les journalistes sont pris en étau entre milices, factions politiques et autorités locales. Les menaces, enlèvements et attaques physiques se multiplient, tandis que les médias indépendants peinent à subsister face à la polarisation et au contrôle sécuritaire.
LCW appelle les autorités des deux camps à respecter leurs obligations internationales et à garantir la sécurité des professionnels des médias. L’organisation demande également aux Nations unies et à la communauté internationale d’exercer une pression accrue pour mettre fin à l’impunité des crimes commis contre les journalistes.
MK/Sf/APA







