L’Union africaine (UA) a fermement condamné les violences perpétrées à El-Facher, dans la région du Darfour, qualifiant ces actes de « crimes de guerre présumés » et d’« atrocités » visant des civils.
La ville, dernier bastion de l’armée soudanaise dans l’ouest du pays, est tombée aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) après dix-huit mois de siège.
Dans un communiqué publié lundi, Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, a dénoncé de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire, évoquant notamment des meurtres ciblés en raison de l’appartenance ethnique des victimes. Il a exigé que les responsables soient traduits en justice et a appelé à une trêve immédiate, à l’ouverture de couloirs humanitaires et à la reprise du dialogue sous médiation africaine.
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a également exprimé sa vive inquiétude face à un risque accru d’atrocités à caractère ethnique. Son bureau rapporte des exécutions sommaires, des pillages et d’autres exactions commises par les FSR, dans un contexte d’effondrement total de l’autorité de l’État.
Ravagée par des mois de combats, El-Facher n’est plus qu’un champ de ruines. Selon l’ONU, plus d’un million d’habitants ont fui la ville, tandis que les 260 000 personnes restées sur place, dont la moitié sont des enfants, font face à une pénurie aiguë de nourriture, d’eau et de soins. Le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, a confirmé le retrait de ses troupes, promettant de reprendre le combat et de « purifier la terre du Soudan ».
Depuis avril 2023, la guerre entre l’armée et les FSR a fait des dizaines de milliers de morts et près de 12 millions de déplacés internes, selon l’ONU, qui qualifie désormais la crise soudanaise de « pire catastrophe humanitaire au monde ». Malgré les multiples appels internationaux, aucune négociation sérieuse n’a encore permis de mettre fin à ce conflit dévastateur.







