Le Royaume du Maroc porte à 157 milliards de dirhams ($15,7 milliards) son budget de la défense pour l’année 2026, poursuivant une trajectoire ascendante dans la modernisation de ses forces armées et de son industrie militaire.
Le projet de loi de finances 2026, soumis au Parlement marocain, confirme une nouvelle hausse des dépenses militaires du Maroc, fixées à 157,17 milliards de dirhams ($15,7 milliards). Selon le texte, ces crédits seront consacrés à l’acquisition, à la maintenance et à la modernisation des équipements des Forces armées royales (FAR), ainsi qu’au soutien au développement de l’industrie nationale de défense. L’article 34 du projet de loi autorise en outre le ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de l’Administration de la défense nationale, à engager ces dépenses par anticipation dès l’exercice 2026.
Le financement de ces dépenses se fera par prélèvement sur les crédits programmés pour 2027. Cette nouvelle hausse s’inscrit dans une tendance continue : 124,7 milliards de dirhams ($12,1 milliards) en 2024, puis 133 milliards ($13 milliards) en 2025. En deux ans, le budget militaire a ainsi progressé de plus de 24 milliards de dirhams ($2,62 milliards), traduisant l’effort soutenu du Royaume pour moderniser ses capacités de défense. Le projet de loi de finances doit être présenté ce soir au Parlement, après avoir été examiné en Conseil des ministres dimanche.
Cette progression budgétaire illustre la stratégie de Rabat visant à consolider la souveraineté militaire et à réduire la dépendance aux importations. Les investissements portent notamment sur la fabrication locale de munitions, les drones et la maintenance lourde des blindés. En janvier 2025, le Maroc s’est classé 59ᵉ puissance militaire mondiale selon Global Firepower, gagnant deux places par rapport à 2024.
Sur le plan international, le Royaume a multiplié les partenariats stratégiques. L’usine Tata Advanced Systems Maroc (TASM), inaugurée à Berrechid, marque la première implantation d’un industriel indien de la défense à l’étranger. En Turquie, le groupe Baykar a officialisé la création d’une unité de production de drones au Maroc, après la livraison des Bayraktar Akinci. Parallèlement, le Département de la défense américain a attribué fin septembre un contrat de 27 millions USD à General Dynamics Land Systems Inc. pour le support technique des chars Abrams en service dans le Royaume.
La diversification des fournisseurs, l’implantation d’usines locales et la montée en puissance de la production nationale confirment la volonté du Maroc de bâtir une défense autonome, adaptée aux nouveaux défis régionaux et à la stabilité du Maghreb.
MK/Sf/APA







