Le royaume domine au Maghreb avec 6,4/10 à l’Indice 2025 de l’Institut Fraser, devant ses voisins d’ Afrique du Nord, malgré des fragilités juridiques et monétaires.
Avec un score global de 6,4 sur 10, le Maroc se hisse au premier rang en Afrique du Nord dans l’édition 2025 de l’Indice mondial de liberté économique publié par l’Institut Fraser. Le royaume devance ses voisins maghrébins mais reste confronté à des fragilités structurelles, notamment dans le domaine juridique et monétaire.
L’étude, qui analyse la performance de 165 économies à travers cinq critères, attribue au Maroc 6,88/10 pour la taille du gouvernement (70ᵉ rang mondial), un résultat jugé satisfaisant en raison d’une fiscalité contenue. En revanche, son système juridique et ses droits de propriété n’obtiennent que 5,36/10 (75ᵉ rang), signalant la persistance de carences institutionnelles. La monnaie saine, évaluée à 6,35/10 (128ᵉ rang), illustre la vulnérabilité de l’environnement financier.
À l’inverse, le commerce international constitue un point fort avec 7,09/10 (89ᵉ rang), traduisant une ouverture réelle sur les marchés extérieurs. La régulation économique, notée 6,24/10 (95ᵉ rang), se situe à un niveau intermédiaire : climat d’affaires favorable mais contraint par des lourdeurs administratives.
Comparativement, la Tunisie enregistre un score plus faible, à 5,41/10 pour la taille de l’État (141ᵉ rang) et 5,61/10 pour la régulation (130ᵉ rang). L’Algérie, la Libye, l’Égypte et la Mauritanie se situent également en deçà, confirmant le statut de leader régional du Maroc.
À l’échelle mondiale, le rapport met en évidence une tendance au recul : la liberté économique a atteint un pic en 2019 avant de décliner pour la quatrième année consécutive en 2023. La région Moyen-Orient et Afrique du Nord figure parmi les plus affectées.
L’Institut Fraser rappelle les écarts de prospérité liés à l’ouverture économique : « les habitants des pays les plus libres gagnent en moyenne 6,2 fois plus que ceux des pays les moins libres, et les 10 % les plus pauvres disposent de revenus 7,8 fois supérieurs ».
Si le Maroc confirme sa place de référence au Maghreb, l’étude souligne que cette avance reste fragile. Les progrès réalisés dans le commerce et la gouvernance budgétaire pourraient être limités sans réformes profondes du cadre institutionnel et de la stabilité monétaire.
MK/ac/Sf/APA







