L’Égypte entend donner un nouveau souffle à son programme de privatisations alors que s’approche un examen crucial du Fonds monétaire international (FMI). Selon un document gouvernemental consulté par le site spécialisé Enterprise, Le Caire a déjà atteint 48 % de son objectif initial, avec 12,2 milliards de dollars mobilisés entre mars 2022 et juillet 2025.
À l’approche de l’examen du FMI, le texte du gouvernement égyptien repris par Entreprise précise que l’exécutif a mandaté plusieurs banques d’investissement et conseillers pour céder des parts publiques dans dix sociétés, parmi lesquelles figurent Safi (eau minérale), Wataniya (stations-service), Silo Foods (produits alimentaires de l’armée), Chill Out (carburant), la raffinerie Midor, le parc éolien de Gabal El Zeit, Alamal Alsharif Plastics ainsi que trois filiales du groupe pharmaceutique public HoldiPharma. Trois de ces sociétés font partie des cinq entités militaires confiées au fonds souverain égyptien en avril pour une mise sur le marché.
Le document évoque toutefois des difficultés. Après une première phase fructueuse (3,1 milliards de dollars récoltés via la cession de six sociétés), les recettes ont reculé : $1,9 milliard lors de la deuxième phase, $625 millions pour la troisième, puis $142 millions pour la quatrième. Le taux de réalisation des objectifs est tombé à 12,5 % puis 7,5 %. Selon Enterprise, cette contre-performance s’explique par la conjoncture défavorable, les révisions du programme et la restructuration de certains actifs.
Le gouvernement tente aujourd’hui de relancer la dynamique avec un Programme d’introduction en Bourse (IPO) prévu début 2026, qui concernera dix entreprises, dont quatre affiliées aux Forces armées. Une partie du plan a déjà été mise en œuvre entre mars 2022 et juin 2024, générant quelque 30 milliards de dollars, selon les chiffres officiels.
La stratégie s’inscrit dans un contexte de pression internationale croissante. Le FMI, lors d’une conférence de presse en ligne le 11 septembre, a appelé l’Égypte à « renforcer ses réformes structurelles et libérer son potentiel de croissance ». Le Premier ministre Mostafa Madbouly a assuré que l’État resterait attentif à la valorisation des actifs cédés. « Si l’offre soumise ne correspond pas à nos estimations, l’État ne sera pas contraint de finaliser la transaction », a-t-il déclaré en décembre dernier.
Au-delà des chiffres officiels, le document consulté rappelle que l’accord de Ras El Hekma – un mégaprojet immobilier et touristique – a permis de dépasser largement les prévisions, portant le taux de réalisation du programme de privatisations à 245 %. Reste à savoir si cette performance exceptionnelle suffira à rassurer les partenaires internationaux, alors que l’économie égyptienne demeure sous tension, confrontée à une inflation élevée, à une dette croissante et à une pression accrue sur ses réserves en devises.
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