Le lundi 15 septembre est marqué par des tensions économiques, des catastrophes naturelles et des événements sportifs et politiques significatifs à travers l’Afrique de l’Ouest. Des secteurs clés comme le BTP au Sénégal sont en difficulté, tandis que les populations de plusieurs pays font face aux conséquences des inondations et que les enjeux politiques et sportifs continuent d’animer la région.
Au Sénégal, le secteur du Bâtiment et des travaux publics traverse une crise profonde, avec des milliers d’emplois menacés par des impayés et un ralentissement des activités. Selon Seneweb, chez CDE, l’une des principales entreprises du secteur, les salariés n’ont pas perçu de salaire depuis cinq mois. L’effectif est passé de 2 000 à 900 employés, conséquence directe de l’absence de nouveaux chantiers et de dettes de l’État estimées à 19 milliards de FCFA. Souleymane Abdoulaye Demba, magasinier chez CDE, décrit la situation comme « plus que catastrophique, car on va vers la rentrée des classes ». Le président d’un syndicat des entrepreneurs, Oumar Ndir, alerte sur les répercussions : « Le BTP, ce n’est pas que des maçons ou des menuisiers… c’est toute une chaîne de valeur qui est au chômage ».
Le chiffre d’affaires du secteur a reculé de 19,6 % sur un an, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), et malgré les promesses du Premier ministre Ousmane Sonko de régler les dettes de l’État, les entreprises restent dans l’attente.
Cette crise économique est accompagnée d’alertes hydriques, notamment dans la ville de Touba (centre)où le bassin de rétention de Keur Kabb a cédé sous le poids des eaux pluviales, aggravant une situation déjà fragile suite à la rupture récente du bassin de Pofdi, rapporte Dakaractu. Les quartiers les plus vulnérables sont désormais exposés à des risques d’inondation, et les habitants appellent à une réaction rapide des autorités locales pour limiter les dégâts.
Au Mali, les intempéries combinées à des catastrophes naturelles ont causé des pertes humaines et matérielles importantes. Selon Maliweb, 42 cas d’inondations, 8 cas de foudre et 4 épisodes de vents violents ont entraîné la mort de 23 personnes et blessé 34 autres. Plus de 1 200 maisons se sont effondrées, laissant de nombreuses familles sans abri. Les autorités locales, en coordination avec les services de protection civile, mènent des opérations de secours pour reloger les sinistrés et fournir vivres et soins d’urgence, tout en appelant la population à respecter les consignes de prévention. Parallèlement, les Forces armées maliennes (FAMa), sous le commandement du Général Oumar Diarra, Chef d’état-major général des armées, ont mené une opération ciblée à Dogofry, neutralisant une cellule terroriste. D’après Bamada.net, cette action illustre la montée en puissance de l’armée malienne, qui combine efficacité tactique, coordination interarmes et utilisation de technologies modernes, tout en appelant la population à rester vigilante.
Au Niger, les conséquences des pluies sont également sévères. Le cimetière musulman « Nassalé » à Maradi et ses environs ont été inondés suite à l’ouverture des vannes du barrage de Jibiya au Nigéria, fait savoir ANP. Le Gouverneur de la région a alerté sur les risques sanitaires et annoncé des mesures d’urgence, incluant distribution de médicaments et purification de l’eau. Un nouveau cimetière sera créé, loin du lit du Goulbi, pour prévenir de nouveaux désastres.
Dans le domaine de la sécurité et de la régulation, le Burkina Faso se mobilise contre la fraude au carburant. Une opération menée du 11 au 13 septembre par la DRICA de Nando, en collaboration avec la police et la gendarmerie, a permis de fermer 45 points de vente illégaux et de saisir près de 15 000 litres de carburant, souligne AIB, afin de protéger les consommateurs et préserver l’équilibre économique de la région.
La scène politique ouest-africaine reste également animée. En Guinée, le Premier ministre Amadou Oury Bah et le leader de l’UPR, Bah Ousmane, ont affiché une alliance politique historique lors d’un meeting de campagne à Pita, leur ville natale, relate Africaguinée. Le chef du gouvernement a qualifié cette union de tournant historique et a exhorté la population à soutenir le projet de nouvelle constitution prévue pour adoption le 21 septembre, qu’il présente comme le point de départ d’une nouvelle ère pour le pays.
Au Bénin, le président Patrice Talon a nommé cinq nouveaux membres au Conseil d’administration de la Société béninoise des infrastructures de l’eau, afin d’assurer une gestion durable des infrastructures et du patrimoine hydraulique de l’État, selon Banouto.
Sur le plan économique et logistique, le Port autonome d’Abidjan a célébré ses 75 ans par un gala réunissant autorités et partenaires. Le Directeur général, Hien Yacouba Sie, et le Ministre des Transports, Amadou Koné, ont souligné l’importance de moderniser le port et de faire de la Côte d’Ivoire une plateforme logistique majeure en Afrique de l’Ouest, rapporte Abidjan.net.
La scène sportive est également à l’honneur. Le Ghanéen Abdul-Rasheed Saminu, l’homme le plus rapide du pays, a raté de peu la finale du 100 m masculin aux Championnats du monde d’athlétisme 2025 à Tokyo, prolongeant de 20 ans l’attente d’une finale pour le Ghana, rappelle Pulse Ghana. Malgré un temps de 10,08 s en demi-finale, le sprinter de 22 ans espère revenir plus expérimenté lors des prochains championnats.
Enfin, le Nigéria et la Gambie connaissent des tensions et des procédures judiciaires importantes. Dans l’État d’Imo, la police est intervenue pour sauver l’ancien député Ngozi Ogbu, enlevé le 7 septembre par des membres présumés de l’IPOB et du réseau de sécurité de l’Est, selon Punch. Une enquête approfondie est en cours, et les habitants ont été appelés à rester vigilants. En Gambie, l’ancien ministre de la Justice, Abubacarr Ba Tambadou, doit comparaître devant la commission spéciale de l’Assemblée nationale pour témoigner sur la vente controversée des biens saisis de l’ancien président Yahya Jammeh, rapporte Fatunetwork, dans un contexte de pressions de la société civile pour plus de transparence.
Sf/APA







