L’Égypte a officiellement déposé mardi une plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations Unies contre l’Éthiopie, après l’inauguration du Grand barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil Bleu, un projet que Le Caire juge illégal et menaçant sa sécurité hydrique.
Dans une lettre adressée au président du Conseil de sécurité, le ministre des affaires étrangères, Badr Abdelatty, a dénoncé une « mesure unilatérale » contraire au droit international. Selon lui, la cérémonie organisée par Addis-Abeba pour annoncer l’achèvement et la mise en service du mégabarrage ne saurait conférer une quelconque légitimité à un projet contesté depuis plus de 14 ans. « Malgré toutes les tentatives illusoires de légitimer ce barrage, il demeure une violation du droit et des coutumes internationaux », a affirmé le ministre.
Le Caire rappelle que ses tentatives de négociation avec l’Éthiopie, menées avec la médiation de plusieurs partenaires internationaux, n’ont jamais abouti.
« L’Égypte a choisi la voie de la diplomatie et des institutions multilatérales, non par incapacité à défendre ses intérêts, mais par conviction de l’importance de la coopération entre les peuples du bassin du Nil », souligne la lettre.
Le président Abdel Fattah Al-Sissi a réaffirmé la fermeté de son pays : « Quiconque pense que l’Égypte fermera les yeux sur ses droits en matière d’eau se trompe. » Le Caire estime que le projet éthiopien met directement en péril son quota annuel de 55,5 milliards de mètres cubes, alors que ses besoins dépassent désormais 90 milliards. La disponibilité moyenne en eau est tombée sous 500 m³ par habitant et par an, bien en dessous du seuil de pauvreté hydrique défini par l’ONU (1 000 m³).
L’affaire, déjà portée devant le Conseil de sécurité à plusieurs reprises depuis 2020, illustre l’impasse persistante entre les deux pays riverains. Pour Le Caire, l’attitude d’Addis-Abeba relève d’un « agenda politique » visant à imposer un fait accompli. L’Égypte maintient qu’elle se réserve le droit de prendre toutes les mesures prévues par le droit international et la Charte des Nations Unies pour protéger ses intérêts vitaux.
MK/ac/Sf/APA







