Selon le syndicat des pharmaciens privés de Tunisie, 90 % des produits pharmaceutiques manquants n’ont aucun substitut, mettant en danger les malades chroniques.
La Tunisie fait face à une grave pénurie de médicaments, touchant notamment les traitements contre les maladies de la thyroïde, certaines formes de diabète, de cancers et d’épilepsie. La vice-présidente du Syndicat des propriétaires de pharmacies privées, Molka Al Moudir, a déclaré mardi que « 90 % de ces médicaments n’ont aucun substitut disponible sur le marché tunisien », suscitant une vive inquiétude parmi les professionnels de santé.
S’exprimant sur la radio Jawhara FM, la responsable a rappelé que cette crise perdure depuis plusieurs années. Elle l’a attribuée à des perturbations dans les importations, à la rareté de certaines matières premières, aux retards de paiement de la Pharmacie centrale liés aux difficultés financières des caisses sociales, ainsi qu’au désengagement de plusieurs laboratoires internationaux qui privilégient d’autres marchés.
Face à cette situation, elle a plaidé pour l’instauration d’un système national d’alerte précoce, afin de signaler toute rupture à l’Agence nationale du médicament, et pour l’implication des pharmaciens et médecins spécialistes dans un comité de vigilance pharmaceutique. Elle a également insisté sur le développement de l’industrie locale, en particulier la production de génériques, jugée indispensable pour réduire la dépendance extérieure et sécuriser l’approvisionnement du marché national.
Molka Al Moudir a par ailleurs appelé à rationaliser la prescription médicale, en privilégiant l’utilisation du nom scientifique des molécules plutôt que des noms commerciaux, afin de faciliter le recours aux équivalents produits localement. Selon elle, la situation est particulièrement critique pour les malades de la thyroïde, qui se retrouvent privés de traitements indispensables.
Cette nouvelle alerte confirme la persistance d’une crise structurelle du secteur pharmaceutique tunisien, dans un contexte économique fragilisé et marqué par l’endettement chronique des organismes publics de santé.
MK/ac/Sf/APA







