L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est intervenue face à plus de 21 urgences de santé publique en Afrique depuis le début de l’année 2025, un constat qui a poussé les ministres de la Santé du continent à lancer un appel pressant pour renforcer des systèmes sanitaires fragiles et mieux se préparer aux crises futures.
La préoccupation de l’OMS face aux urgences de santé publique en Afrique a été exprimée lors de la 75e session du Comité régional pour l’Afrique, qui s’est tenue du 25 au 27 août à Lusaka, la capitale zambienne. Les ministres participants se sont engagés à renforcer les capacités nationales pour anticiper, répondre et se relever des menaces sanitaires.
« Nous ne pouvons plus nous permettre d’être pris de court », a déclaré le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed Janabi, rappelant que chaque urgence qui perturbe les systèmes de santé doit servir de leçon.
« Nous devons bâtir des systèmes résilients capables de gérer les crises sanitaires tout en assurant efficacement les services de routine », a-t-il ajouté.
Cette réunion s’est tenue alors que plusieurs pays sont confrontés à une recrudescence d’épidémies de choléra, de variole simienne (mpox), de rougeole, de dengue et de polio, qui mettent à rude épreuve des infrastructures déjà fragiles et perturbent les moyens de subsistance.
Depuis janvier, des flambées de choléra ont été signalées en Angola, en République démocratique du Congo et au Malawi, tandis que le mpox reste actif dans 15 pays, dont l’Ouganda et la Sierra Léone, malgré des efforts de riposte coordonnés à l’échelle continentale.
La rougeole et la dengue se propagent dans les grands centres urbains densément peuplés, et la poliomyélite continue de menacer les zones où la couverture vaccinale demeure insuffisante.
Les ministres ont convenu de faire de la constitution d’un personnel de santé robuste et équitablement réparti une priorité. Parmi les engagements pris figurent l’élargissement du recrutement, le déploiement accru en zones rurales et l’investissement dans la formation continue afin de préparer les soignants à la fois aux soins de routine et aux situations d’urgence.
Les établissements de formation seront associés pour aligner les curricula sur les stratégies nationales de santé et les besoins sécuritaires émergents.
L’accent a également été mis sur l’intégration de la résilience au cœur de la prestation des services, en particulier dans les zones touchées par les conflits.
Les délégués ont plaidé pour un leadership renforcé, une meilleure coordination et des infrastructures capables de résister aux crises à venir.
L’implication des communautés a été jugée essentielle pour instaurer la confiance et accélérer la réactivité, avec des projets de co-développement de systèmes d’alerte précoce et de renforcement des organisations locales de base.
Afin de garantir la pérennité des efforts, les ministres ont enfin promis de mobiliser davantage de ressources domestiques et de réduire la dépendance aux appels d’urgence internationaux.
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