Sur les 20 milliards de FCFA recherchés, Bamako n’a pu lever que 18,79 milliards de FCFA, soit 93,98 % de l’objectif initial.
L’État du Mali a organisé ce mardi une adjudication de bons et d’obligations assimilables du Trésor, qui révèle un appétit contrasté des investisseurs selon les maturités, avec un taux de couverture global de 115,47 % mais des écarts significatifs entre les instruments.
L’opération, d’un montant global de 20 milliards de FCFA, a attiré 23,09 milliards de FCFA de soumissions, soit un taux de couverture satisfaisant de 115,47 %. Cependant, cette performance globale masque des disparités importantes entre les trois instruments proposés.
Les bons du Trésor à 364 jours (BAT) ont rencontré un vif succès avec 16,92 milliards de FCFA de soumissions pour un montant cible non spécifié dans le détail, enregistrant un taux d’absorption de 77,56 %. Le taux marginal s’est établi à 8,00 %, tandis que le rendement moyen pondéré a atteint 8,50 %.
En revanche, les obligations à 3 ans (OAT) ont affiché une performance plus modeste avec 6,09 milliards de FCFA de soumissions et un taux d’absorption de 91,80 %. Le prix marginal s’est fixé à 92,00 % pour un rendement moyen pondéré de 9,21 %.
L’analyse géographique révèle une concentration de la demande sur quelques pays de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (Uemoa). Le Sénégal domine largement avec 7,07 milliards de FCFA de soumissions sur les BAT, suivi du Burkina Faso (3,39 milliards) et de la Côte d’Ivoire (2,00 milliards).
Pour les obligations à 3 ans, la Côte d’Ivoire et le Sénégal se partagent l’essentiel de la demande avec respectivement 1,46 et 2,00 milliards de FCFA. Le Bénin maintient également une présence significative avec 1,51 milliard de FCFA.
Des rendements attractifs mais révélateurs
Les taux obtenus reflètent la prime de risque exigée par les investisseurs. Avec un rendement de 8,50 % sur les BAT et de 9,21 % sur les OAT 3 ans, le Mali offre des conditions attractives mais qui témoignent des défis de financement du pays dans le contexte géopolitique actuel.
La faible participation à l’OAT 5 ans (seulement 75 millions de FCFA de soumissions, entièrement du Burkina Faso) souligne la réticence des investisseurs pour les échéances longues, symptomatique des incertitudes pesant sur l’économie malienne.
Cette adjudication permet au Trésor malien de lever 18,79 milliards de FCFA, soit 93,98% de l’objectif initial. Si ce résultat reste honorable, il illustre les contraintes croissantes du financement public malien sur le marché régional des capitaux, particulièrement pour les échéances longues où la confiance des investisseurs reste limitée.
La diversification géographique des souscripteurs au sein de l’Uemoa démontre néanmoins la solidarité financière régionale, même si certains pays comme le Niger et la Guinée-Bissau restent absents de cette opération.
ARD/ac/Sf/APA







