De l’indépendance des mouvements africains à la lutte contre l’apartheid, en passant par les coups d’État, la paix ou encore les catastrophes naturelles, la date du 18 août reste liée à plusieurs événements qui ont marqué l’histoire du continent africain.
Le 18 août 1955, une mutinerie éclate dans la garnison de Torit, dans le sud du Soudan. Elle est déclenchée par des soldats du Equatoria Corps, mécontents du désengagement britannique et de la domination de Khartoum. Cette révolte militaire est considérée comme le point de départ de la première guerre civile soudanaise (1955-1972), qui fera des dizaines de milliers de morts et posera les jalons du futur conflit Nord-Sud.
Neuf ans plus tard, le 18 août 1964, le Comité international olympique (CIO) prend une décision symbolique en excluant l’Afrique du Sud des Jeux olympiques de Tokyo. Ce bannissement constitue une condamnation internationale de la politique d’apartheid instaurée par Prétoria et accentue son isolement diplomatique et sportif, qui durera jusqu’au début des années 1990.
Toujours en Afrique du Sud, le 18 août 1977, le militant Steve Biko, fondateur du mouvement de la « Black Consciousness », est arrêté à un barrage routier par la police. Détenu et sévèrement maltraité, il mourra le 12 septembre 1977 en détention. Sa disparition deviendra un tournant dans la mobilisation anti-apartheid et contribuera à renforcer la pression internationale contre le régime.
Le 18 août 1995, c’est au Maroc qu’un drame survient : de violentes inondations frappent la région de Marrakech après de fortes pluies. Le ministère de l’Intérieur annonce officiellement un bilan d’au moins 73 morts, faisant de cette crue soudaine l’une des catastrophes naturelles les plus meurtrières des années 1990 dans le royaume.
Sur le plan diplomatique, le 18 août 2003, les parties en conflit au Libéria signent à Accra, au Ghana, l’Accord de paix global (CPA – Comprehensive Peace Agreement). Ce texte met fin à la deuxième guerre civile libérienne (1999-2003), conflit ayant causé près de 150 000 morts et des centaines de milliers de déplacés. L’accord ouvre la voie à un gouvernement national de transition sous supervision internationale, prélude à l’élection d’Ellen Johnson Sirleaf en 2005, première femme élue présidente en Afrique.
Enfin, le 18 août 2020 restera une date doublement marquante. Au Mali, des militaires regroupés au sein du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) renversent le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Ce dernier annonce sa démission et la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale dans la nuit. Ce coup d’État est intervenu après plusieurs mois de contestation populaire dénonçant la corruption et l’incapacité du régime à faire face à l’insécurité.
Le même jour, des chercheurs publient des résultats confirmant la redécouverte du musaraigne-éléphant de Somalie (Elephantulus revoilii), un petit mammifère insectivore endémique que l’on croyait disparu depuis plus d’un demi-siècle. L’animal a été observé à nouveau dans la corne de l’Afrique, apportant une lueur d’espoir pour la biodiversité régionale.
Sf/APA







