À l’approche de la nouvelle année scolaire au Cameroun, les inégalités matérielles entre enfants issus de milieux aisés et ceux vivant dans la précarité freinent toujours leur accès à une éducation équitable. La Fondation ASAF plaide pour l’inclusivité.
Alors que certains élèves commencent la rentrée avec des fournitures neuves et un uniforme impeccable, d’autres se heurtent à la dure réalité de l’exclusion scolaire, faute de moyens pour se procurer le matériel indispensable, comme les cahiers, sacs ou uniformes.
Ces disparités sociales creusent davantage les écarts dans l’accès à l’éducation, augmentant les risques d’abandon scolaire ou d’assiduité irrégulière dès le début de l’année scolaire. Les grandes vacances, souvent considérées comme un moment de détente et de loisirs, sont vécues autrement par les jeunes Camerounais.
Une nouvelle génération d’adolescents se démarque par son esprit entrepreneurial. Ils développent de petites activités, comme la vente de beignets, le lavage de voitures ou les réparations, afin de financer leur rentrée scolaire.
Ce phénomène, largement couvert par les médias, illustre la créativité et la détermination de ces jeunes à prendre leur avenir en main. Durant ces vacances d’été, ces jeunes sont entre initiatives entrepreneuriales et travail précaire.
Développement créatif
À l’inverse, d’autres enfants, contraints par les circonstances, passent l’été à travailler dans des conditions souvent difficiles. Exposés à l’exploitation, ils sont privés d’activités récréatives et éducatives indispensables à leur développement.
Cette réalité souligne l’importance de mettre en place des actions concrètes pour protéger ces jeunes et leur offrir de meilleures perspectives, à travers le sport, culture et une créativité au service du développement des enfants.
Pendant les vacances, plusieurs initiatives locales offrent aux enfants des opportunités de s’exprimer, de se divertir et de stimuler leur créativité. Dans ce contexte, sont organisés des tournois de football dans de nombreux quartiers et villages, un vecteur de cohésion sociale.
Bien plus que de simples compétitions, ces événements rassemblent les jeunes et contribuent à leur bien-être psychologique et social. Toutefois, c’est dans le domaine culturel que la Fondation ASAF Cameroun, fondée par Eran Moas, joue un rôle majeur et durable.
Convaincue que l’éducation ne se limite pas aux seules fournitures scolaires, la fondation investit dans le développement créatif et émotionnel des enfants, estimant que l’expression artistique est un levier essentiel à leur épanouissement personnel. Eran Moas a placé l’éducation inclusive au cœur de ses engagements humanitaires.
Dans cette optique, et en partenariat avec l’écrivaine camerounaise Djaili Amal Amadou, ambassadrice de bonne volonté de la fondation, ASAF Cameroun franchit une nouvelle étape dans son action en faveur de l’éducation inclusive.
Une réponse à l’inégalité éducative
L’organisation lance ainsi son tout premier concours d’écriture, destiné aux jeunes âgés de 8 à 16 ans. Placé sous le thème « Raconter demain », ce concours offre aux jeunes une occasion unique de s’exprimer, de partager leurs rêves, leurs espoirs et leur vision de l’avenir.
Les ateliers d’écriture, animés dans les bibliothèques Djaili Amal Amadou de Douala et Maroua, accompagnent ces jeunes, souvent privés d’encadrement culturel, en leur offrant un environnement propice à la créativité et au développement personnel.
Ces espaces, loin d’être de simples lieux de lecture, se transforment en véritables refuges artistiques où les jeunes peuvent librement développer leur style, s’ouvrir aux autres et enrichir leur imaginaire.
Par ailleurs, ces établissements restent ouverts tout au long des vacances scolaires, assurant ainsi une continuité éducative essentielle. Ils constituent un accès permanent à la lecture, au dialogue et à l’émancipation, contribuant pleinement à la construction individuelle des jeunes.
Les lauréats du concours seront récompensés par des prix utiles pour leur rentrée scolaire, tandis que chaque participant recevra un cartable en guise de reconnaissance pour son engagement et sa créativité. Une cérémonie de remise des prix mettra en lumière les efforts et talents de ces jeunes écrivains.
La rentrée scolaire constitue chaque année un véritable défi pour de nombreuses familles camerounaises. Entre l’achat des fournitures et des tenues scolaires, le budget à mobiliser pèse lourdement sur les ménages, en particulier ceux aux ressources limitées. Cette charge financière engendre souvent une source de stress importante, renforçant les inquiétudes des parents quant à la capacité d’assurer une scolarité régulière à leurs enfants.
Dans un contexte marqué par les inégalités sociales et la précarité de nombreuses familles, ce concours d’écriture va bien au-delà d’un simple exercice littéraire. Il apporte une réponse concrète au double enjeu de l’exclusion éducative et du manque de moyens matériels qui freinent la scolarisation de milliers d’enfants.
AP/Sf/APA







