La Tunisie, pionnière du monde arabe en matière de droits des femmes, s’apprête à franchir une nouvelle étape vers la parité avec un projet de loi instaurant un partage équitable des tâches domestiques, signe d’une volonté politique de traduire l’égalité dans la vie quotidienne des foyers.
Le parlement tunisien planche sur un texte visant à imposer un partage équilibré des charges domestiques entre conjoints, dans un effort assumé pour déconstruire les stéréotypes de genre et promouvoir une répartition plus juste des responsabilités familiales.
Le député Youssef Tarchoun, qui a présenté les grandes lignes de l’initiative sur les ondes de Jawhara FM, estime que la société tunisienne doit rompre avec les représentations traditionnelles qui cantonnent la femme aux travaux ménagers et excluent le père de l’éducation des enfants.
« La femme active a des responsabilités similaires à celles de l’homme, il est donc nécessaire de changer cette mentalité à travers l’éducation et les médias », a-t-il déclaré.
L’élu a dénoncé la persistance, dans les manuels scolaires, d’illustrations associant la femme à la cuisine et effaçant la figure paternelle des tâches domestiques. Selon lui, la participation active des pères à la vie familiale constitue « une forme de justice sociale », rendant indispensable la révision des supports éducatifs et des codes culturels.
Ce projet s’inscrit dans la continuité des avancées législatives tunisiennes en matière d’égalité entre les sexes. Tarchoun a rappelé la loi, entrée en vigueur il y a un an, qui accorde un congé de maternité et de paternité, la présentant comme une avancée notable dans le monde arabe. Cette mesure prolonge l’héritage réformateur du Code du statut personnel de 1956, pierre angulaire des droits des femmes en Tunisie.
Si le texte venait à être adopté, il marquerait une nouvelle étape dans la reconnaissance légale de la coresponsabilité familiale, en traduisant dans la loi une évolution des mentalités encore en cours.
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