Conclues avec quelques poids lourds du secteur, les transactions autour des contrats pétroliers, relevées par la plateforme spécialisée Energy Platform à Washington, illustrent moins un dynamisme stratégique qu’un renforcement de la dépendance algérienne à la rente énergétique.
L’Algérie a conclu en juillet cinq contrats pétroliers et gaziers majeurs, représentant un investissement minimal de 552 millions d’euros, selon la plateforme spécialisée Energy Platform basée à Washington. Présentés comme un succès diplomatique et industriel, ces accords révèlent toutefois la persistance d’un modèle économique dominé par la rente énergétique et peu diversifié.
Signés le 21 juillet dans le cadre de l’appel d’offres « Algeria Bid Round 2024 », ces contrats portent sur l’exploration de cinq blocs situés dans le sud algérien, avec des réserves estimées à près de 700 milliards de m³ de gaz et 560 millions de barils de brut. Huit sociétés étrangères, parmi lesquelles ENI (Italie), TotalEnergies (France), Sinopec (Chine), Qatar Energy et Equinor (Norvège), figurent parmi les attributaires. La plupart des zones attribuées n’ont toutefois enregistré qu’un seul soumissionnaire, signe d’une concurrence limitée et d’un intérêt international mesuré.
La participation étrangère est facilitée par la nouvelle loi sur les hydrocarbures, qui assouplit les conditions d’investissement, mais qui pourrait accentuer la dépendance du pays aux fluctuations des marchés énergétiques mondiaux.
En dépit d’une valorisation diplomatique à l’occasion du 9ᵉ Forum de l’OPEP à Vienne, où Sonatrach a multiplié les rencontres avec Chevron, BP ou Cepsa, le modèle reste centré sur l’exportation brute plutôt que sur la transformation locale ou la montée en gamme technologique.
Si ENI a promis un investissement de 8 milliards d’euros d’ici 2029, ces annonces contrastent avec l’absence de stratégie claire pour réduire la vulnérabilité structurelle de l’économie algérienne face aux prix du pétrole et du gaz.
Les recettes attendues pourraient ainsi continuer à alimenter un système budgétaire dépendant de la rente, sans garantir une diversification durable ni une modernisation industrielle à grande échelle.
MK/ac/Sf/APA







