Le Service de lutte antimines des Nations Unies (UNMAS, sigle anglais) a confirmé pour la première fois la présence de mines terrestres dans plusieurs localités de l’État de Khartoum, marquant une aggravation inquiétante de la crise sécuritaire au Soudan, déjà ravagé par plus d’un an de conflit.
Des mines antipersonnel ont été détectées à Mogran, dans le centre de la capitale Khartoum, et des mines antivéhicules à Omdurman et Bahri, a indiqué le bureau de l’UNMAS au Soudan, dans un communiqué parvenu ce lundi à APA.
« Cette confirmation constitue un tournant préoccupant. Jusqu’ici, nous considérions la région comme contaminée par des munitions non explosées, mais exempte de mines terrestres », a déclaré un responsable du programme, cité par la note.
La découverte de mines terrestres dans des zones urbaines densément peuplées complique encore davantage les efforts humanitaires.
« La présence de mines représente un danger immédiat pour les populations civiles, mais aussi pour les acteurs humanitaires tentant de porter assistance », a insisté l’UNMAS.
Depuis le déclenchement de la guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) le 15 avril 2023, les deux camps se livrent à une guerre urbaine sans merci, utilisant des armements lourds dans les centres habités.
« Les forces en présence ont recours aux mines comme moyen tactique pour ralentir l’adversaire. Mais ce sont les civils qui paient le prix fort », a ajouté l’UNMAS, qui craint une montée des accidents dans les zones densément peuplées.
Parallèlement, la localité de Tawila, dans l’État du Darfour du Nord, est le théâtre d’une crise humanitaire aiguë. Environ 330 000 personnes déplacées y ont trouvé refuge, fuyant les combats et l’insécurité alimentaire. Depuis le 21 juin, plus de 1 180 cas de choléra y ont été recensés, dont 300 enfants, entraînant au moins 20 décès.
« Les conditions de vie dans les camps sont désastreuses. Le manque d’eau potable et d’assainissement favorise la propagation rapide du choléra », a alerté un représentant local de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
À l’échelle des cinq États du Darfour, le nombre total de cas dépasse 2 140, avec au moins 80 décès. L’Unicef prévoit l’envoi de 1,4 million de doses de vaccin oral contre le choléra. « Nous agissons de toute urgence pour vacciner les enfants les plus exposés. Plus de 640 000 enfants de moins de cinq ans sont menacés », a déclaré un porte-parole de l’agence onusienne.
Alors que les combats se poursuivent et que les lignes de front évoluent rapidement, les agences humanitaires redoutent une détérioration prolongée de la situation. Le Soudan reste confronté à une crise multidimensionnelle, mêlant conflit armé, déplacements massifs, épidémies et insécurité alimentaire.
ARD/ac/Sf/APA






