La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, ambitionne d’être un pays où l’on produit le meilleur chocolat au monde, à l’instar de la Belgique et de la Suisse.
Être producteur du meilleur chocolat au monde, ce challenge est porté par l’Ivoirien Alain Porquet, promoteur de African Chocolate of Excellence Awards. Il affirme que ce concours, destiné aux producteurs et transformateurs de cacao, « se veut d’abord africain » et vise à fabriquer du chocolat pur.
« Il faut que le monde entier sache que le chocolat de Côte d’Ivoire n’est pas un chocolat dans lequel on met des produits chimiques » parce que pendant longtemps l’industrie du chocolat a utilisé des produits chimiques pour enlever l’amertume dans le chocolat, a-t-il déclaré.
« Aujourd’hui, on doit être premier dans le chocolat et imposer nos normes », tel est le combat de Alain Porquet, pour qui la Côte d’Ivoire, étant premier producteur mondial de cacao, doit également s’affirmer dans l’industrie du chocolat.
Avec un leadership en matière de production de chocolat, il se dit convaincu que la Côte d’Ivoire pourra imposer ses règles sur le chocolat. Déjà, ce passionné de l’industrie du chocolat fait observer qu’« à la base, il faut que la fève de cacao soit odorante et sucrée ».
Pour que le chocolat ivoirien ne soit pas contesté du point de vue de sa qualité, Alain Porquet a fait venir en Côte d’Ivoire des experts du chocolat et du cacao de l’Amérique Latine, d’Europe, des Etats-Unis et pendant une semaine, ils se sont penchés sur les variétés de fèves produites.
« On a fait une étude avec un généticien du cacao et on a vu qu’en Côte d’Ivoire, il y avait 800 à 900 variétés de cacao qui ont des odeurs », a confié M. Porquet, expliquant que « ce concours permet de veiller au grain selon les normes ivoiriennes ».
Aujourd’hui, ces Awards ne sont « pas simplement un concours de chocolat, mais on va à l’origine » des fèves, ce qui implique les conditions de production, et « nous sommes convaincus qu’un bon chocolat dépend de la pulpe », a-t-il soutenu.
Le premier prix, rapporte-il, concerne la pulpe de cacao et cette distinction a été remportée pour cette 3e édition, par une coopérative de la Région du Framager, à Gagnoa, dans l’Ouest ivoirien ; parce que son « cacao sentait la mandarine et en même temps la mangue et le corossol ».
Pour cette édition 2024-2025, deux prix ont été décernés à la structure Mon Choco, basée à Abidjan. Après avoir reçu, ce 17 juillet 2025, les trophées, Dana Mroueh, artisan chocolatier, s’est dite « honorée par cette reconnaissance pour le travail que nous fournissons depuis 2016 ».
« Nous fabriquons un chocolat qui est cru, on ne torréfie pas les fèves de cacao, ce qui permet de garder la saveur naturelle du cacao et ensuite on n’ajoute pas de matières grasses : pas de beurre, ni d’huile végétale. Donc, c’est un chocolat qui est très pur », explique-t-elle.
Selon Dana Mroueh, la particularité de ce chocolat, c’est qu’il est « cru et cela ça permet de garder la saveur des fèves et ses nutriments, plus riches en antioxydant et en protéines. (Ainsi), tous les bénéfices du cacao sont préservés ».
A ses côtés, Mederas Gnago artisan chocolatier au sein de cette même structure, ajoute que « nous avons eu l’honneur de recevoir deux titres : un titre pour notre chocolat 70% de cacao et notre chocolat 100% cacao » obtenus respectivement à partir d’un « cacao fermenté à 70% et à 100%. »
« C’est notre première participation et c’est également notre premier prix. Nous sommes honorés d’avoir reçu ce prix et travaillons encore plus pour offrir un chocolat meilleur » aux consommateurs », a fait savoir Mederas Gnago.
AP/Sf/APA







