Le Soudan du Sud fait face à une flambée de choléra particulièrement préoccupante, survenue dans un contexte humanitaire déjà marqué par des violences intercommunautaires, des chocs climatiques et une insécurité alimentaire aiguë.
Déclenchée en septembre 2024 et officiellement déclarée un mois plus tard, l’épidémie de choléra au Soudan du Sud a déjà fait plus de 80 000 cas et 1 400 décès, selon les Nations Unies.
« Cette crise dépasse le cadre sanitaire. Elle touche plusieurs secteurs vitaux, notamment en raison des inondations, des déplacements massifs de population et de l’accès limité aux services essentiels », a souligné Anita Kiki Gbeho, Coordonnatrice résidente et humanitaire de l’ONU, dans un communiqué publié mercredi.
Une situation alarmante
Réunis lundi en réunion interministérielle, les autorités sud-soudanaises, les partenaires humanitaires et la société civile ont qualifié la situation de « montée alarmante ». Ils ont appelé à une réponse urgente et coordonnée, notamment en garantissant un accès humanitaire sans entrave aux zones touchées et à risque.
Le gouvernement s’est engagé à faciliter les efforts de prévention et de réponse, notamment en prépositionnant du matériel médical, en renforçant les infrastructures d’eau et d’assainissement, et en organisant des campagnes de vaccination.
Une course contre la montre
Avec l’intensification attendue des pluies dans les semaines à venir, les autorités estiment que les huit prochaines semaines seront déterminantes pour contenir la propagation de la maladie avant de potentielles inondations majeures.
Les inondations multiplient les risques de transmission du choléra, compromettent l’accès à l’eau potable et entravent les interventions humanitaires, ont averti les experts. Le réchauffement climatique accentue cette menace, exposant de nouvelles zones autrefois épargnées.
Une maladie évitable mais meurtrière
Le choléra, une infection diarrhéique aiguë causée par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés, peut être évité grâce à une bonne hygiène, un accès à l’eau potable et la vaccination. Si la majorité des cas peuvent être traités avec des sels de réhydratation orale, les formes graves peuvent entraîner la mort en quelques heures sans traitement approprié.
Les personnes infectées peuvent transmettre le choléra jusqu’à dix jours, même sans symptômes visibles.
Un besoin urgent de financement
Malgré les efforts déployés, les agences humanitaires se heurtent à un important déficit de financement. Sur les 1,69 milliard de dollars requis pour répondre aux besoins humanitaires du pays, seuls 368 millions ont été mobilisés à ce jour.
Face à cette crise multidimensionnelle, les autorités sud-soudanaises réaffirment leur volonté d’agir rapidement pour freiner la progression de l’épidémie et éviter une catastrophe sanitaire majeure.
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