A la suite des ONG sahraouies qui appellent le Conseil de sécurité à « prendre ses responsabilités » face à une situation jugée intenable, la MINURSO a ouvert une enquête sur l’attaque d’Es-Smara, dans le sud marocain.
La Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) diligenté une mission d’enquête sur les lieux de l’attaque attribuée au Polisario, survenue dans le sud du Maroc. Vendredi soir, ses observateurs se sont rendus sur le site, accompagnés d’éléments des Forces armées royales marocaines, afin d’évaluer les dommages et de collecter les éléments nécessaires à l’élaboration d’un rapport adressé au Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.
Une coalition d’organisations sahraouies de la société civile avait fermement condamné l’attaque menée à proximité de la ville d’Es-Smara, dans le sud du Maroc, qualifiant l’incident d’« acte hostile » et de violation manifeste du droit international. L’attaque, survenue en zone désertique non habitée à quelques kilomètres de cette ville stratégique, n’a pas fait de victime mais a suscité un vif émoi parmi la population locale.
Des vidéos et images circulant sur les réseaux sociaux montrent des fragments de projectiles dispersés aux abords du périmètre urbain, attisant les craintes d’une nouvelle escalade du conflit. La coalition d’ONG, qui regroupe plusieurs associations issues des provinces du Sud, dénonce une « attaque délibérée contre un environnement civil » et met en garde contre « une tentative du Polisario de créer un climat d’instabilité chronique dans la région ».
Dans leur communiqué, les ONG soulignent que des obus ont été retrouvés à faible distance du centre urbain d’Es-Smara, ce qui, selon elles, prouve un ciblage intentionnel de zones peuplées. Elles pointent du doigt la responsabilité directe de l’Algérie, accusée de laisser le Polisario opérer librement depuis son territoire.
« L’Algérie ne peut se soustraire à ses obligations internationales en abritant un groupe armé non étatique qui mène des actions hostiles contre un pays voisin », déclare la coalition.
Ce nouvel incident survient dans un climat diplomatique déjà tendu. Il rappelle l’attaque de 2023 dans la même localité, au cours de laquelle un civil avait trouvé la mort. À l’époque, l’ambassadeur du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, avait dénoncé une attaque ciblant des zones résidentielles, affirmant que « frapper des civils relève du terrorisme selon le droit international ».
Hilale avait également averti que « ceux qui arment et soutiennent ces attaques devront répondre de leurs actes ». Une allusion directe à l’Algérie, qu’il accuse de fournir un appui logistique, financier et diplomatique au Front Polisario depuis plusieurs décennies.
Sur le plan international, la pression monte également aux États-Unis. Un projet de loi bipartisan a été introduit au Congrès américain pour désigner officiellement le Front Polisario comme une organisation terroriste étrangère (FTO). Le texte, déposé par le sénateur républicain Joe Wilson et le représentant démocrate Jimmy Panetta, cite les attaques du groupe contre les civils et la rupture du cessez-le-feu depuis fin 2020.
Wilson a notamment qualifié le Polisario de « milice marxiste soutenue par l’Iran, le Hezbollah et la Russie », et l’a accusé de servir de levier stratégique à Téhéran sur le continent africain, en menaçant la stabilité du Maroc, « allié des États-Unis depuis 248 ans ».
Le projet de loi, s’il est adopté, permettrait de restreindre les financements, les déplacements et les appuis extérieurs du groupe séparatiste.
Les ONG sahraouies exhortent la communauté internationale à condamner fermement les attaques contre les civils et à renforcer le processus politique sous l’égide de l’ONU. Enfin, elles invitent l’Algérie à abandonner toute logique d’affrontement et à se joindre « sans ambiguïté » aux efforts multilatéraux de paix.
MK/te/Sf/APA







